Meningitec : l’analyse contestable d’un expert antivaccin

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Publié le 07/04/2016

Crédit photo : Phanie

Alors que les médias grand public crient déjà (ou encore) au scandale sanitaire dans l’affaire Meningitec, les « résultats accablants » d’une analyse effectuée par un « laboratoire italien spécialisé dans les nanoparticules » sont à considérer avec la plus grande prudence.

À l’origine de l’affaire, le rappel de tous les lots de Meningitec en France et en Europe en septembre 2014, après la détection par le laboratoire fabricant, Nuron Biotech, de particules de métaux lourds dans un nombre limité de seringues de certains lots. Aucun effet indésirable n’avait été signalé, mais ce retrait du marché à titre préventif provoque l’incompréhension de parents dont les enfants ont été vaccinés avec Meningitec et qui y voient un lien avec des troubles du comportement, du sommeil, des fièvres violentes, ou encore des éruptions cutanées.

Ce sont d’abord 240, puis 580 familles qui assignent en justice CSP, le distributeur français du Meningitec. La première audience a eu lieu le 22 septembre 2015 au tribunal de Clermont-Ferrand, qui a renvoyé l’étude des plaintes au 24 novembre. En décembre, l’ANSM s’exprimait pour la première fois sur le sujet et expliquait que, selon les études toujours en cours, les métaux lourds détectés dans les lots contaminés sont le fer, le nickel et le chrome, et aucunement le mercure, l’étain, l’arsenic ou le cadmium. Mais surtout, qu’aucun risque n’a été détecté pour la santé des personnes vaccinées avec Meningitec.

Mardi, le tribunal de Clermont-Ferrand a désigné les experts indépendants chargés d’établir s’il existe un lien entre les symptômes décrits par les familles et les impuretés du vaccin. L’occasion pour Me Emmanuel Ludot, considéré comme un spécialiste du vice de forme et de la défense des victimes d’erreurs médicales, et qui représente un grand nombre de plaignants, de présenter les résultats d’analyse menée à sa demande par le laboratoire italien Nanodiagnostics.

À la tête de cette société, Stefano Montanari est diplômé de pharmacie et s’affiche ouvertement contre la vaccination. C’est donc cet homme qui indique avoir trouvé dans un vaccin non considéré comme défectueux des « débris de plomb, de zinc, de titane », ainsi qu’une « molécule de zirconium ». Il affirme que ces résidus ne pourront jamais être éliminés de l’organisme et peuvent provoquer « des inflammations chroniques susceptibles de dégénérer en cancers de tous types », mais aussi toucher le cerveau, le pancréas, et entraîner « des diabètes ».


Source : lequotidiendupharmacien.fr
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