Un retard au diagnostic

Publié le 05/05/2020

Aujourd’hui l’endométriose est diagnostiquée avec un retard moyen de 7 ans. Autant d’années où la maladie a eu le temps de causer des dommages notables. Ce retard s’explique non seulement par une méconnaissance encore trop répandue de la maladie qui reste mal repérée avec une prise en charge mal coordonnée mais aussi par une banalisation de la douleur lors des règles. C’est pourquoi deux associations de patientes, EndoMIND et EndoFrance, avaient choisi pour slogan lors d’une vaste campagne d’informations : « Les règles, c’est naturel. Pas la douleur. »Si une endométriose est suspectée, l’impact sur la qualité de vie doit être évalué en premier lieu : mesure de la douleur via une échelle analogique, du recours à des antalgiques pendant les règles, recherche de symptômes évocateurs et localisateurs, de l’impact des symptômes sur l’absentéisme scolaire ou la vie professionnelle. À noter que des questionnaires spécifiques de qualité de vie existent, comme l’EHP 5 ou EHP 30 (Endometriosis Health Profile, respectivement 11 et 30 questions). Le diagnostic se poursuit avec un examen gynécologique (examen du cul-de-sac vaginal postérieur, recherche de rigidité et nodules) et une échographie pelvienne. Des examens plus poussés comme l’IRM pelvienne peuvent être recommandés en cas de doute ou pour affiner la stratégie thérapeutique.Une fois le diagnostic posé, il existe des échelles de référence comme le score de l’American Fertility Society (AFSr) qui permet de classer l’endométriose en 4 stades (de minime à sévère).Heureusement depuis quelques années, la médiatisation de l’endométriose a augmenté et la maladie commence à sortir de l’ombre, notamment grâce à des associations comme EndoFrance et sa marraine Laëticia Milot, elle-même atteinte de la maladie. (www.endofrance.org)Prise en charge de l’endométriose Un traitement hormonal en première intention. L’objectif premier du traitement est de réduire voire supprimer les douleurs de la patiente. Au-delà des AINS utilisés ponctuellement ou des antalgiques pouvant aller jusqu’aux morphiniques, les autorités de santé recommandent la mise en route d’un traitement contre l’endométriose seulement si elle affecte la vie quotidienne de la patiente ou le fonctionnement d’un organe. L’endométriose étant une maladie hormonodépendante, le traitement de première intention consiste à provoquer une aménorrhée. Celle-ci permet de diminuer les douleurs et de faire régresser les lésions d’endométriose (à l’exception des adhérences, endométriomes et lésions fibreuses cicatricielles qui sont insensibles aux hormones). Pour cela, plusieurs choix thérapeutiques sont possibles : contraception oestro-progestative en continu, pose d’un dispositif intra-utérin au lévonorgestrel, contraception microprogestative orale au désogestrel, implant à l’étonogestrel. Les analogues de la GnRH en deuxième intention. En cas d’échec thérapeutique, un traitement par analogues de la GnRH doit être envisagé. Ceux-ci empêchent la production d’hormones gonadotropes qui stimulent les ovaires et provoquent par conséquent une hypo-œstrogénie, puis une aménorrhée. Ils sont prescrits sur une durée de 3 à 6 mois, au maximum 1 an. Ils présentent par contre des effets indésirables : bouffées de chaleur, ostéoporose et sécheresse cutanée qui doivent être corrigés par la réintroduction d’un peu d’œstrogènes (suffisamment pour corriger les effets indésirables mais pas assez pour agir sur les cellules) sous contrôle médical avant le 3e mois de traitement. C’est ce qu’on appelle l’add-back therapy. En troisième intention : le traitement chirurgical. Le traitement chirurgical n'est envisagé qu'en cas d'échec des traitements médicaux ou pour rétablir la fertilité et après évaluation de la balance bénéfices/risques. En pratique, il est recommandé en cas d’endométriose douloureuse en concertation avec plusieurs spécialistes (gynécologue, urologue, chirurgien digestif… selon les organes atteints) ou d’endométriome (lésion d’endométriose au niveau de l’ovaire).Au cours de l’intervention, les lésions sont détruites, par coagulation ou vaporisation au laser, ou font l’objet d’une exérèse. La chirurgie est réalisée le plus souvent par cœlioscopie mais une laparotomie peut être nécessaire en cas d’endométriose profonde ou étendue.Un traitement hormonal est prescrit en post-chirurgie pour diminuer le risque de récidive douloureuse et ce en l’absence de désir de grossesse.


Source : lequotidiendupharmacien.fr