L’insuffisance veineuse chez l’homme - Protection masculine ou manque de sensibilisation ?

L’insuffisance veineuse chez l’hommeProtection masculine ou manque de sensibilisation ?

Sophie Moret
| 27.04.2017

L’insuffisance veineuse est considérée comme une maladie « féminine ». Certes, 75 % des personnes souffrant de cette pathologie sont des femmes ! Heureuse alors la gente masculine dont peu de représentants connaissent l’inconfort des jambes lourdes, douloureuses et gonflées ! Toutefois, ceci est-il exact et faut-il considérer que cette population nécessite, par conséquent, une moindre surveillance ?

En matière d’insuffisance veineuse, il est clair que la population vue par les professionnels de santé est majoritairement féminine. Dans la pratique, ce motif de consultation est en effet nettement moins fréquent pour les hommes. Est-ce parce qu’ils souffrent moins de cette pathologie ou que les femmes sont plus sensibles au caractère inesthétique de la maladie ? En France, dix-huit millions de personnes souffrent d’insuffisance veineuse et un quart, soit 4 500 000, sont des hommes.
 
Un dépistage plus tardif chez l’homme
On recense chaque année 600 000 ulcères de jambes, 100 000 cas de phlébites et 10 000 décès par embolie pulmonaire. Les complications sévères de cette maladie chronique et évolutive nécessitent à elles seules la prise en charge effective de tout malade. Les petites varicosités, signes du premier stade de la maladie, moins facilement visibles sur une peau poilue, expliquent peut-être en partie que les hommes ne consultent que lorsque la maladie est déjà bien évoluée ! Difficile alors pour les professionnels de santé de dépister précocement, surtout que les facteurs de risque connus comme le surpoids et la sédentarité sont communs à bien d’autres affections. Un indice clé viendrait alors de la pertinence de rechercher l’existence éventuelle de cette pathologie dans les antécédents familiaux des hommes, comme cela est fait depuis longtemps chez les femmes.
 
Le poids de l’hérédité
En effet, on savait que l’hérédité était un facteur prédictif majeur de la maladie, que l’on pensait prédominant chez les femmes. Toutefois, un éclairage intéressant est venu de l’étude menée par le Dr Vincent Crébassa et al. remettant en cause le dogme de l’hérédité maternelle dominante (1). En effet, si cette hérédité semble comparable chez les hommes et les femmes (x 3,8 vs x 3,4), l’analyse des données nous dévoile que l’impact de l’hérédité paternelle (x 4,7) est plus important chez les hommes que chez les femmes (x 3,8). De manière plus concrète, un homme dont le père est atteint d’insuffisance veineuse est plus à risque de développer cette pathologie que si celle-ci est présente uniquement chez la mère ; le risque étant majeur si ses deux parents sont atteints (x 8,6 vs x 5 pour les femmes). Ceci prouve que la recherche de cette information chez les hommes est importante, voire centrale, devant toute suspicion d’insuffisance veineuse.
 
Une stratégie médicamenteuse tout en souplesse
Même s’il peut être compliqué pour les professionnels de santé de recommander un traitement sur le long terme pour cette maladie chronique trop souvent considérée comme bénigne, une solution peut venir de la flexibilité qu’offrent les différents moyens thérapeutiques. En effet, grâce aux traitements médicamenteux et/ou physiques (compression) disponibles, une prise en charge de la maladie peut être faite en adaptant sa mise en place selon les besoins et les contraintes propres à chaque patient, un traitement composite mais chronique étant possible. Il permet alors de rechercher l’adhésion du patient et son observance en mettant en avant l’adaptation des traitements, ce qui pourrait être une solution pour cette gente masculine peu sensibilisée aux problèmes de l’insuffisance veineuse. Jouer ainsi la souplesse thérapeutique et l’association des classes thérapeutiques pourrait être une stratégie et est une façon d’investir sur le long terme. Une finalité pour une maladie chronique.

(1) Crébassa V, Roucaute T, Guex JJ, Allaert FA. Hérédité et maladie veineuse : la fin du dogme de l’hérédité maternelle dominante ? Phlébologie. 2014;67(3):13-21.

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