L’ensemble des médecins libéraux, généralistes et spécialistes, est appelé à faire grève début janvier pour protester contre plusieurs mesures adoptées dans le budget de la Sécurité sociale et contre l’organisation plus générale des soins. Un syndicat propose une carte des médecins en grève.
De la grève du zèle à la fermeture des cabinets : du 5 au 15 janvier, les médecins généralistes et spécialistes sont amenés à se mobiliser, à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales. Une manifestation est également prévue le samedi 10 janvier à Paris.
Les raisons ? Les médecins évoquent « des attaques sans précédents envers le financement du secteur libéral », explique notamment le Syndicat des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof) dans une lettre d’information destinée aux patients. Plus précisément, dans un communiqué commun du 12 décembre, l’intersyndicale de médecins cite les mesures adoptées dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, tout juste promulguée : remise en cause de la liberté de prescription notamment à travers la limitation de la durée des arrêts de travail, baisse des tarifs médicaux pouvant être décidée de manière unilatérale par voie réglementaire et non plus par négociation avec l’assurance-maladie, limitation des dépassements d’honoraires, déremboursement des prescriptions de secteur 3, obligation vaccinale contre la grippe… Mesures auxquelles il faut ajouter une restriction de l’enveloppe destinée aux dépenses de médecine de ville (+ 0,9 % seulement par rapport à 2025) qui « risque d’aggraver les fermetures de cabinets et l’effondrement des vocations », dénoncent encore plusieurs organisations syndicales. Les sanctions imposées aux professionnels de santé qui n’utilisent pas le dossier médical partagé (DMP), citées comme motif de grève, ont finalement été censurées par le Conseil constitutionnel.
Plus généralement, les médecins s’opposent aussi la « mise sous objectifs » des médecins forts prescripteurs d’arrêts de travail pour éviter les surprescriptions, prévue dans le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, qui sera discutée à l’Assemblée nationale en janvier. « Une médecine humiliée rabaissée au rang des escrocs ! », dénonce le syndicat MG France. Les médecins ne digèrent pas non plus les mesures discutées dans les propositions de lois (PPL) du sénateur Philippe Mouiller (PPL visant à améliorer l'accès aux soins dans les territoires, adoptée au Sénat, en attente à l’Assemblée nationale) et du député Guillaume Garot (PPL visant à lutter contre les déserts médicaux, adoptée à l’Assemblée nationale, en attente au Sénat), qui mènent vers la disparition de leur liberté d’installation. « Une ligne rouge absolue », pour l’intersyndicale.
La lettre ouverte de la ministre de la Santé Stéphanie Rist, publiée le 31 décembre pour tenter d’apaiser les syndicats, ne semble pas avoir l’effet escompté. La mobilisation des médecins ne sera pas sans impact pour l’organisation des officines. La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a par ailleurs cartographié les professionnels grévistes.
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