Covid-19

Evusheld autorisé en traitement, mais seulement en dernier recours

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Publié le 07/11/2022

Crédit photo : Jonathan NACKSTRAND/AFP

Jusqu’alors, Evusheld était uniquement indiqué dans le cadre de l’accès précoce (avant AMM), en prophylaxie pré-exposition du Covid-19 chez certaines populations à risque de forme grave de Covid. Il vient d’obtenir une autre autorisation d’accès précoce, cette fois-ci en traitement de l'infection.

Evusheld 150 mg/150 mg, solution injectable IM (tixagévimab/cilgavimab) est désormais indiqué, dans le cadre de l’accès précoce, en traitement du Covid-19 chez les adultes et les adolescents (âgés de 12 ans et plus et pesant au moins 40 kg) qui ne nécessitent pas de supplémentation en oxygène et qui présentent un risque accru d’évolution vers une forme sévère de la maladie. Toutefois, cette autorisation vaut « sous réserve de la sensibilité de la souche de SARS-CoV-2 vis-à-vis d’Evusheld » et « lorsque les alternatives ne peuvent être utilisées en raison de contre-indications ». Il s’agit donc d’une utilisation de dernier recours, qui sera « très marginale voire nulle, étant donné la perte d’activité d'Evusheld sur le sous-lignage BA.5 d’Omicron, qui domine en France (93 % des tests criblés) à ce jour », reconnaît la HAS. Mais pourquoi alors l'autoriser dans ces conditions ? L’instance n’a pas voulu écarter Evusheld de l’arsenal thérapeutique, en raison de l’imprévisibilité de la situation épidémique et de l’émergence de variants de nouveau sensibles : « Il est crucial de garder accessible un maximum d’options thérapeutiques, dont l’association tixagévimab/cilgavimab, même si celles-ci peuvent être jugées non pertinentes au moment de leur évaluation », justifie la HAS.

À ce jour donc, la stratégie de traitement curatif précoce visant à prévenir l’évolution vers une forme sévère chez les patients à risque repose sur :

− Paxlovid (nirmatrelvir/ritonavir) par voie orale, en première intention quel que soit le variant ou le sous-lignage de SARS-CoV-2 à l’origine de l’infection ;

− En cas de contre-indication au Paxlovid :

• Velkury (remdesivir) en perfusion intraveineuse, en alternative au Paxlovid et compte tenu de l’activité limitée d’Evusheld vis-à-vis des sous-lignages BA.4 et BA.5 d’Omicron ;

• Evusheld en injection IM chez les patients ayant une contre-indication formelle au Paxlovid et en cas de contre-indication rénale particulière ou d'impossibilité d'accès au Velkury (remdesivir). Dans cette indication, Evusheld doit être administré dès que possible après un test virologique positif pour le SARS-CoV- 2 et dans les 7 jours suivant l’apparition des symptômes. La posologie est de 300 mg de tixagévimab et 300 mg de cilgavimab, administrés consécutivement sous forme de deux injections intramusculaires distinctes.


Source : lequotidiendupharmacien.fr