La dermatite atopique

Publié le 02/06/2020

Épidémiologie. La dermatite atopique touche deux à trois fois plus d’enfants que d’adultes. Débutant le plus souvent chez le nourrisson pour disparaître avant 5 ou 6 ans, la maladie perdure à l’âge adulte chez environ 10 % à 15 % des sujets ; elle induit chez 25 % d’entre eux une tendance à développer des allergies alimentaires, un asthme et/ou une rhinite allergique.La dermatite atopique est associée à une mutation génétique affectant le gène codant pour la fillagrine, une protéine contribuant à maintenir un niveau d’hydratation cutanée optimal. Elle doit beaucoup aussi aux facteurs environnementaux : anomalies du microbiome digestif et/ou cutané, diminution de l’exposition aux agents infectieux pendant la petite enfance, lavage excessif de la peau, habitat favorable aux acariens, présence d’animaux domestiques, abandon de l’allaitement maternel, évolution et diversification précoce des habitudes alimentaires, exposition au tabac et à la pollution, grossesses plus tardives et enfants plus souvent gardés en communauté…Commençant généralement vers trois mois mais parfois dès les premières semaines de la vie, cette dermatite se manifeste différemment selon l'âge. Typiquement :- Chez le nourrisson, les lésions, érythémateuses, sèches et rugueuses, parfois suintantes et croûteuses, apparaissent de façon symétrique sur les joues, sur le menton, parfois sur le front ou le cuir chevelu pour s’étendre sur les faces d’extension des bras et des jambes et sur le tronc.- Chez l’enfant, après l’âge de 2 ans, les lésions prédominent dans les plis de flexion des coudes, des genoux et des poignets.- Chez l’adolescent et l’adulte, les lésions, souvent épaissies, se localisent surtout sur le visage, le cou et les membres.Si l’hygiène locale n’est pas suffisante ou constante, une surinfection bactérienne (impétigo) est fréquente.Clinique, le diagnostic est orienté par le contexte et par des tests. Les causes déclenchantes (allergènes, irritation, stress, etc.) sont recherchées par l’interrogatoire de la famille de l’enfant ou du patient ou par des tests allergologiques. Chez un jeune enfant, l'association de signes digestifs à une dermatite atopique évoque la possibilité d'une allergie alimentaire.Il n'existe pas de traitement curatif. Les interventions se limitent à réduire l'inflammation, à atténuer l'inconfort et à éviter les situations ou environnements favorisants.Les savons ordinaires pouvant irriter la peau, il faut utiliser une base lavante douce, liquide. La balnéation reste un élément essentiel du soin de la peau sèche : prendre un bain de cinq à dix minutes environ par jour dans de l’eau tiède, en y ajoutant une huile émulsifiante pour conserver la souplesse cutanée. Avant séchage, appliquer un hydratant gras. Les crèmes et lotions à base d’urée ou d’alphahydroxyacides (acides lactique et glycolique) adoucissent la peau desquamée. L’application de compresses froides limite l’inflammation et les démangeaisons. Les émollients réduisent la sécheresse cutanée et leur usage doit être le plus large possible : ils s’appliquent après le bain sur une peau légèrement humide, de préférence 2 fois par jour.Le médecin peut recourir à un corticoïde plus ou moins puissant en fonction notamment de l’âge et adapte la galénique au type des lésions. Contre-indiquée en cas d'infection cutanée ou de lésion ulcérée, elle expose à une iatrogénie locale : dermite faciale rosacéiforme, atrophie cutanée (après plusieurs mois de traitement), couperose, vergetures, plus rarement dépigmentation ou hypertrichose voire eczéma de contact. Ces effets dépendent de la puissance de la molécule, de la durée du traitement, du degré d'occlusion, de la surface traitée, de l'intégrité cutanée et de l'âge.D’autres traitements sont prescrits dans les présentations sévères (tacrolimus, photosensibilisants avec puvathérapie).


Source : lequotidiendupharmacien.fr