Alors que la campagne de vaccination antigrippale 2025-2026 doit encore se poursuivre pendant au moins quelques jours, de nombreuses questions se posent déjà pour celle de l’année prochaine, avec plusieurs évolutions à attendre (ou à redouter) pour les pharmaciens. Volonté d’égaliser les marges des différents vaccins antigrippaux, possibilité pour d’autres professionnels de stocker des vaccins dans leurs cabinets, place des vaccins hautement dosés… les chantiers sont nombreux.
Cette année encore, les pharmaciens ont joué un rôle prépondérant dans le cadre de la campagne de vaccination antigrippale, avec 12,3 millions de doses de vaccins dispensées en officine à la date du 3 janvier, soit 70 % des doses administrées au total. Alors que la campagne en cours n’est pas encore achevée, les pharmaciens vont devoir bientôt réfléchir aux commandes pour la campagne 2026-2027. Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), conseille cependant à ses confrères et consœurs de temporiser avant de déterminer le nombre de doses qu’ils commanderont pour l’année prochaine. « Pour l’instant, il est urgent d’attendre, préconise-t-il. À l’heure actuelle, nous ne savons pas quelle sera la place des vaccins hautement dosés. De plus, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 prévoit d’autoriser d’autres professionnels de santé à stocker des vaccins au sein de leurs cabinets », rappelle-t-il. Or, sur ce dernier point, on ne sait pas encore par quel canal les autres effecteurs pourront ou devront s’approvisionner : « Via les officines ou en direct auprès des laboratoires ? », interroge le président de l’USPO. « S’ils peuvent s’approvisionner en direct, les pharmaciens devront en tenir compte et commander un peu moins de doses que prévu », anticipe-t-il.
Pierre-Olivier Variot annonce par ailleurs qu’il sera très attentif aux règles qui seront imposées ou non aux médecins et infirmiers qui stockeront des vaccins dans leurs cabinets. « Les règles doivent être les mêmes pour tout le monde, insiste-t-il. Sur l’application du tiers payant, la sérialisation, la conduite à tenir en cas de rappel de lots, l’alimentation du dossier médical partagé (DMP)… il faut que les autres professionnels de santé soient logés à la même enseigne que les pharmaciens », prévient-il.
Autre dossier chaud : celui de l’égalisation des marges des différents vaccins antigrippaux, projet avancé par la direction de la Sécurité sociale (DSS) et auquel s’opposent les syndicats de pharmaciens. « En envisageant cette mesure, on sous-entend que le pharmacien choisit quel vaccin administrer selon le niveau de marge et pas en fonction des recommandations sanitaires. Laisser penser cela, c’est une insulte faite à notre profession », dénonce Pierre-Olivier Variot, alors que le recours aux vaccins hautement dosés (Efluelda et Fluad) est recommandé par les autorités sanitaires pour toutes les personnes de plus de 65 ans. Il redoute également qu’une telle mesure, qui n’est encore qu’au stade du projet, n’ouvre la porte à une autre idée qui pénaliserait durement les officinaux. « L’assurance-maladie pourrait ensuite vouloir égaliser les marges sur l’ensemble des vaccins que le pharmacien peut dispenser », prévient-il. Autant d’arguments que le président de l’USPO rappellera le 26 janvier à l’occasion d’une nouvelle réunion avec la DSS.
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