Avec un taux moyen de pénétration de 86,4 % en 2025, l’officine intensifie ses efforts dans la substitution générique. Il lui restera à poursuivre cette stratégie sur les biosimilaires et les hybrides dont la substitution est désormais élargie aux antifongiques.
Sur une trajectoire ascendante depuis trois ans, le taux de substitution des génériques est passé de 83,9 % en 2023 à 86,4 % l’année dernière. Trois années qui démontrent la capacité de l’officine à s’adapter et même à « crever le plafond de verre », comme l’observe GERS Data à l’origine de ces statistiques. Si 86,4 % reste le taux de pénétration moyen annuel, certains mois ont enregistré des taux bien supérieurs. C’est notamment le cas du mois de décembre qui clôture l’année à 87,1 %. Seules faiblesses relevées, la chute du mois de septembre qui enregistre une pénétration de 85,3 %, mais qui s’explique, précise GERS Data, par l’arrivée sur le marché génériques « de nouvelles grosses molécules » qui ont tiré vers le bas la performance.
Sur douze nouvelles molécules génériquées en 2025 - représentant un volume de 92 millions d’euros - de nombreuses disparités sont observées. Ainsi le taux de substitution du ticagrelor (Brilique) est de 81,6 % en fin d’année 2025, le taux de substitution de l’axitinib (Inlyta) depuis son arrivée en juillet dernier s’affiche à 62,4 % pendant que d’autres pénétrations se font plus timides - aux environs de 30 % - pour les génériques de Dalacine (clindamycine), de l’hydrocortisone Roussel ou de Celsentri (maraviroc). Introduit en novembre, le générique du Loxapac (loxapine) enregistre un taux de pénétration de 14,4 % un mois plus tard. « Génériqué en 2024, Xarelto (rivaroxaban) a continué à impacter le taux de pénétration des génériques », note GERS Data.
L’officine parviendra-t-elle à relever sur la durée le défi de la substitution des biosimilaires, dont on prédit « un basculement structurel » avec l’élargissement de la liste des molécules substituables en février 2025 ? De fait, de 36,7 % à cette date, le taux est remonté progressivement pour atteindre 54,5 % en octobre dernier. Là également, l’infléchissement à 52,2 % remarqué en décembre est lié à l’arrivée de nouvelles molécules. « Ce phénomène va impacter la stratégie des laboratoires, la politique de prix, la gestion des parts de marché sans compter l’alignement des prix des molécules de référence. »
Comme pour les génériques, le marché des biosimilaires est marqué par de fortes disparités dans les taux de pénétration. Le filgrastim (Neupogen) culmine à 97,5 % tout comme le pegfilgrastim (96,1 %) quand l’adalimumab (Humira) a stagné à 74,1 % tout au long de l’année. Arrivée remarquée courant 2025, celle de l’enoxaparine (Lovenox) qui atteint un taux de pénétration de 79,8 % en fin d’année. Le ranibizumab (Lucentis) progresse lentement à 23,3 % tandis que, nouvel arrivé de l’automne, l’aflibercept (Eylea) clôture l’année à 2,5 %. « Il sera intéressant d’observer la reconfiguration de ce marché en 2026 », note GERS Data.
Ce suivi est également valable pour les hybrides, qui ont eux aussi connu une extension à d’autres classes. En octobre 2025, la substitution jusqu’alors réservée à certains médicaments inhalés s’est élargie, notamment à des antifongiques. Alors que le taux moyen annuel de pénétration des hybrides atteint 39,6 % en 2025 (contre 38 % en 2023), les mois de novembre et décembre ont enregistré une hausse de 0,9 point.
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