Depuis quelques semaines, la direction de la Sécurité sociale (DSS) évoque l’idée d’égaliser les marges sur les différents vaccins antigrippaux. Dans le viseur de la Sécu, les vaccins hautement dosés (Efluelda et Fluad) dont le niveau de marge est deux fois plus élevé que les vaccins classiques. Une nouvelle mesure d’économies à laquelle s’opposent les syndicats de pharmaciens.
Recommandés en priorité pour les patients âgés de 65 et plus, les vaccins hautement dosés Efluelda (Sanofi) et Fluad (CSL Seqirus) doivent-ils voir leur marge alignée sur celle des vaccins standards ? C’est ce que pense aujourd’hui la DSS, qui a présenté cette idée aux représentants de la profession lors d’une réunion fin novembre et a même déjà entrepris la rédaction d’un arrêté en ce sens. Le projet de la Sécu est simple : fixer de manière dérogatoire une marge forfaitaire pour l’ensemble des vaccins grippe dispensés par les pharmaciens. Pour rappel, la marge des vaccins hautement dosés est aujourd’hui à 1,40 euro, soit près du double de celle des vaccins Vaxigrip, Influvac et Flucelvax (0,72 euro).
Du côté des officinaux, ce projet est toujours dénoncé aujourd’hui. « Nous sommes contre cette idée, répète Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). La DSS veut aligner les marges, et les pharmaciens seraient clairement perdants. Ce n’est pas parce que (l’assurance-maladie) n’a pas réussi à bien négocier les prix avec les laboratoires qu’ils doivent s’en prendre à la rémunération des pharmaciens », insiste-t-il. Récemment, le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), Pierre-Olivier Variot, s’était lui aussi élevé contre cette possibilité. « Pour éviter que les pharmaciens n’aillent dans une vaccination “forcée” avec les vaccins haute dose, la DSS a décidé d’égaliser les marges entre les deux types de vaccins, ce qui est totalement aberrant. Ce serait la première fois en France que l’on ferait un accroc à la marge dégressive lissée », alertait-il.
Pour Philippe Besset, il n’est pas non plus question de valider une telle idée, du moins pas pour le moment. « Nous pourrons éventuellement revoir notre position si nous devenons prescripteurs de ces vaccins, c’est-à-dire quand nous aurons l’honoraire de prescription. Celui-ci va arriver à partir de janvier 2027, rappelle le président de la FSPF. Dans ce cas, la situation peut être différente. En tant que prescripteurs, nous pourrions accepter l’idée de faire un effort sur la rémunération du vaccin », poursuit-il. Philippe Besset fait ici référence à l’honoraire de 7,50 euros pour la prescription de vaccins antigrippaux par le pharmacien lorsque le patient ne dispose pas d’ordonnance. Une mesure prévue par l’avenant 1 à la dernière convention pharmaceutique afin d’accompagner la montée en puissance de cette mission officinale mais qui ne s’appliquera pas avant l’année prochaine. « Cela va engager une petite révolution pour le métier et à ce moment-là, nous pourrons éventuellement rediscuter sur la question des marges de ces vaccins », affirme-t-il de nouveau. En attendant, les pharmaciens le rappellent : pas question de toucher à la marge des vaccins grippe hautement dosés avant la prochaine campagne de vaccination.
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