Une nouvelle étude de vaste ampleur, publiée en janvier, vient confirmer l’absence de risque accru d’autisme, de TDAH ou de déficience intellectuelle en cas d’utilisation de paracétamol pendant la grossesse, contrairement à ce qu’affirmait Donald Trump en septembre. La FDA a déjà modifié l’étiquetage des médicaments pour informer les médecins d’un « lien possible ».
La quantité d’énergie nécessaire pour réfuter une fausse information est supérieure à celle nécessaire pour les produire (Loi de Brandolini). Depuis que Donald Trump a vivement déconseillé, lors d’un discours en septembre dernier, aux femmes enceintes de prendre du paracétamol car le médicament était « peut-être associé à un risque très accru d’autisme », les autorités de santé internationales (OMS, ANSM, EMA…) n’ont de cesse de relayer les données de sécurité infirmant ce risque. Ainsi, l’Agence européenne du médicament (EMA) confirme, pour la seconde fois ce 20 janvier, que le paracétamol peut être utilisé pour soulager la douleur ou la fièvre pendant la grossesse, si cela est cliniquement nécessaire, et qu’aucune donnée ne justifie de modifier les recommandations.
Cette fois, l’EMA s’appuie sur une analyse combinant revue systématique et méta-analyse publiée le 16 janvier dans « The Lancet Obstetrics, gynaecology & womens’s health ». Sur la base 43 études issues des bases de données « Medline », « Embase », « ClinicalTrials.gov » et la « Revue Cochrane » depuis leur création jusqu'au 30 septembre 2025, et en privilégiant les études comparatives entre frères et sœurs, une équipe de chercheurs européens n’a observé aucun lien entre la prise de paracétamol aux doses recommandées pendant la grossesse et les troubles du spectre autistique, le TDAH ou la déficience intellectuelle. L’analyse a également pris en compte, lorsque c’était possible, le trimestre de prise de paracétamol (premier, deuxième et troisième), la durée de la prise (< 1 semaine, 1 semaine – 30 jours, > 30 jours), le sexe du nouveau-né et la durée du suivi. « Ces résultats sont restés stables même en se limitant aux études avec un suivi plus long et à celles jugées à faible risque de biais », complètent les chercheurs.
« Conjuguées aux vastes études contrôlées par fratries menées en Suède et au Japon et publiées en 2024 et 2025, nos conclusions confirment l'innocuité du paracétamol lorsqu'il est utilisé correctement pendant la grossesse. Elles confortent les recommandations des principales instances professionnelles et réglementaires, notamment l'American College of Obstetricians and Gynecologists (États-Unis, NDLR), le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (Royaume-Uni, NDLR) et l'Agence européenne des médicaments, qui continuent de recommander le paracétamol comme analgésique et antipyrétique de première intention pendant la grossesse », conclut l’étude. Les scientifiques ajoutent : « Éviter le paracétamol sur la base de données non concluantes ou biaisées pourrait accroître le risque de fièvre maternelle ou de douleurs non traitées, deux facteurs susceptibles d'affecter le déroulement de la grossesse tels que la fausse couche, la naissance prématurée ou les malformations congénitales. »
Aux États-Unis, au lendemain de l’allocution du Dr Trump déconseillant le paracétamol pendant la grossesse, la Food and drug administration (FDA) américaine lançait le 22 septembre la modification de l'étiquetage du paracétamol pour informer les parents et les médecins « des nombreuses données probantes concernant les risques potentiels liés au paracétamol ». Tout en affirmant que le paracétamol est le seul médicament en vente libre autorisé pour le traitement de la fièvre pendant la grossesse et que les effets indésirables de l'aspirine et de l'ibuprofène sur le fœtus sont, eux, bien documentés.
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