Les médecins libéraux ont lancé aujourd’hui un mouvement de grève unitaire qui s’annonce « très suivi », selon la Confédération des syndicats médicaux français. Ils protestent contre les mesures débattues dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 et la proposition de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales.
Les médecins libéraux ont entamé, ce lundi, un mouvement de grève unitaire du 5 au 15 janvier à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales. Grève administrative, réduction d’activité, exercice avec un brassard, voire fermeture de cabinets… Le mouvement s’annonce « très suivi », selon la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), dont 85 % des adhérents ont annoncé être en grève. Par ailleurs, près de 16 000 médecins se sont déclarés en grève dans l’après-midi, sur la plateforme du syndicat Jeunes Médecins Île-de-France. La mobilisation devrait évoluer crescendo avec, en point d’orgue, une manifestation à Paris samedi 10 janvier et un possible arrêt des blocs opératoires. Le président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a en effet estimé que, dans toute la France, « 80 % des blocs opératoires seront fermés ce week-end ».
Si la ministre de la Santé ne « passe pas à l’acte », « les médecins cesseront toute activité entre le 10 et le 14 janvier », a prévenu Franck Devulder, président de la CSMF, sur « France Inter ». Parmi les nombreux sujets de tension, il a retenu deux enjeux : la limitation des dépassements d’honoraires et la mise sous objectifs des prescripteurs d’arrêts de travail. La limitation des dépassements d’honoraires a été retirée de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, a admis Franck Devulder, « elle sera discutée dans un cadre conventionnel ».
Deuxième point de tension, la mise sous objectifs des médecins forts prescripteurs d’arrêts de travail pour éviter les surprescriptions, prévue dans le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, qui sera discutée à l’Assemblée nationale en janvier. « Nous sommes profondément contre le fait de mettre les médecins dans un projet de loi contre la fraude, entre la fraude fiscale et le trafic illicite, explique-t-il. Ce qui coûte cher à l'assurance-maladie, ce sont les arrêts de travail de longue durée. Il faut que l’on contrôle les personnes en arrêt maladie depuis des mois. »
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a nuancé lundi matin sur « France Télévisions » l’impact du mouvement, en rappelant que contrairement aux praticiens hospitaliers, « les médecins libéraux n'ont pas l'obligation de se déclarer en grève, donc on n’a pas de prévision du nombre de grévistes ». Néanmoins, elle a indiqué avoir « pris les mesures nécessaires » pour assurer la permanence des soins, quitte « à réquisitionner ». « Nous devons continuer le dialogue (…) et j'espère que ce mouvement durera le moins longtemps possible », a-t-elle ajouté.
De son côté, Thomas Fatôme a tenté de rassurer les médecins libéraux dans une interview au « Quotidien du médecin ». « Ouvert au dialogue avec l’ensemble des syndicats médicaux », le directeur général de l’assurance-maladie a alerté sur le risque de désinformation lié au débat parlementaire chaotique sur le budget de la Sécu pour 2026 qui peut, selon lui, alimenter à tort la grogne médicale. Des mesures contre lesquelles les médecins protestent, telles que les amendes en cas de non-consultation du dossier médical partagé, ont en effet disparu de la loi adoptée. « Rien dans la version finale du texte ne remet en cause la place de la convention » qui « doit rester le pilier des relations entre l’assurance-maladie et les médecins ».
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