Rappel physiopathologique

Publié le 21/09/2021

La maladie de Verneuil* (plutôt considérée maintenant comme un syndrome), ou hidradénite suppurative (également dénommée acné inversée) est une maladie chronique inflammatoire récidivante du follicule pileux. Cette maladie n’est pas primitivement infectieuse, l’infection étant un phénomène secondaire.Elle affecterait environ 0,7 % de la population européennes, les femmes étant 3 fois plus souvent touchées que les hommes.La maladie débute après la puberté et est caractérisée par des éléments douloureux inflammatoires cutanés et sous-cutanés siégeant dans les régions riches en glandes sudoripares apocrines (pouvant persister plusieurs semaines). Surtout au niveau des creux axillaires (aisselles), plis inguinaux (aines) et du sillon inter-fessier, avec parfois une atteinte globale de la région ano-périnéo-inguinale. Peuvent être aussi atteints la nuque, le pubis, le scrotum, les fesses, les oreilles et la région périaréolaire (mamelon).Le système hormonal semble impliqué, en raison de l’apparition de la maladie à la puberté, quand les androgènes sont sécrétés (ils sont connus pour favoriser l’occlusion folliculaire chez l’animal), d’une influence des cycles menstruels sur les poussées, d’une fréquente diminution de l’agressivité après la ménopause et d’une rémission durant la grossesse… suivie volontiers d’une reprise après l’accouchement.Si l’origine précise de la maladie demeure imprécise, on sait néanmoins que l’anomalie primaire correspond à une hyperkératose du follicule pileux à laquelle s’associe un processus infectieux ; le primum movens est représenté par une occlusion folliculaire suivie d’une inflammation folliculaire et d’une destruction des annexes.On a montré que plusieurs cytokines pro-inflammatoires, comme le TNF alpha et les interleukines 17, 18 et 1 bêta, jouent un rôle important (des cytokines qui par ailleurs occupent un rôle central dans de nombreuses affections auto-immunes et inflammatoires, comme le psoriasis, la maladie de Crohn et les spondylarthrites – assez souvent associées à la maladie de Verneuil) ; ainsi qu’un déficit en interleukine 22 (et du rétrocontrôle générant un processus auto-inflammatoire). Le tabagisme et le surpoids sont statistiquement associés à la maladie de Verneuil.De nombreux composants de la fumée induisent une activation des kératinocytes ainsi que des cytokines pro-inflammatoires ; de plus, la nicotine augmenterait la virulence du staphylocoque doré et diminuerait la synthèse cutanée de peptides antimicrobiens. Quant au rôle de l’obésité, on sait que celle-ci aggrave la maladie de Verneuil par le biais de frottements majorant l’occlusion et la rupture folliculaires, générant une kératinisation et une acanthose (hyperkératose/épaississement de la peau) intrafolliculaire par la stimulation de mécanorécepteurs et la rétention de sueur. L’âge moyen de début est de 22 ans. La maladie de Verneuil serait familiale dans environ 40 % des cas. Les lésions précoces sont des nodules douloureux isolés pouvant s’abcéder. La répétition des poussées inflammatoires est à l’origine de cicatrices hypertrophiques et fibreuses, de trajets fistuleux et de comédons ouverts. Sans adénopathie ni fièvre associées. La clinique est très hétérogène au regard des types de lésions, de l’évolution et de la sévérité. On a identifié trois phénotypes :- Axillo-mammaire : 48 %. Retrouvé principalement chez les femmes en surpoids ou obèses, caractérisé par des atteintes mammaires, axillaires et des lésions de type nodule et des cicatrices « en pont ».- Folliculaire : 26 %. Une forme sévère plus fréquente chez les fumeurs, touchant les régions axillaires, mammaires, pré ou rétro-auriculaires (derrière l’oreille) et dorsales. Elle est caractérisée par une fréquence élevée de kystes épidermiques, de comédons, de sinus pilonidal (cavité qui se forme sous la peau, secondaire à l'accumulation de poils ayant pénétré dans le derme le plus souvent par une petite fossette présente chez certains individus au niveau du sillon interfessier), avec des lésions à type de poche et des cicatrices « vermoulues » (cicatrices déprimées, liée à la destruction des follicules pilo-sébacés) du visage.- Fessier : 26 %. Avec une localisation fessière avec papules et folliculites.


Source : lequotidiendupharmacien.fr