Chez le médecin

Publié le 21/09/2021

Le diagnostic est souvent tardif en raison d’une confusion avec d’autres pathologies, banales comme un poil incarné, un abcès classique ou encore une furonculose (répétition de furoncles), ou moins banales (anthrax – dû au bacille du charbon -, maladies des griffes du chat, lymphogranulome vénérien, syphilis nodulo-ulcérative, abcès tuberculeux…Le caractère typique des lésions, leur topographie et leur évolution chronique (au moins 2 poussées en 6 mois) sont les trois éléments clés du diagnostic.La lésion primaire est représentée par un ou plusieurs nodules intradermiques, volontiers violacés, arrondis, sans nécrose centrale, susceptibles de poussées douloureuses itératives spontanément résolutives ou bien évoluant vers la suppuration.Les lésions secondaires sont constituées par la succession de poussées inflammatoires et suppuratives aboutissant à la formation de sinus (cavités) suintants pouvant persister des mois voire des années. A ces sinus peuvent s’associer des cicatrices caractéristiques, riches en fibrose très dense, indurées et rétractiles, « en pinces de crabe ».À noter que les comédons multipores ne se voient que dans cette affection.La topographie des lésions est très évocatrice : les creux inguinaux, le pubis, le scrotum, la vulve, les aisselles, la région péri-anale, la région mammaire et les fesses.Les patients ayant une histoire familiale de maladie de Verneuil ont volontiers une forme moins sévère mais à début plus précoce.Les modalités évolutives varient beaucoup selon les patients, mais au plan individuel l’évolutivité se modifie peu avec le temps (après la phase initiale). Les maladies peu sévères restent modérées et les maladies sévères le sont dès le début. Chez certains patients, les rémissions spontanées sont prolongées, tandis que chez d’autres l’évolution est continue marquée par des poussées inflammatoires d’un sinus préexistant ou par l’apparition de nouveaux éléments sans intervalle de rémission. L’évolution sévère concerne une atteinte suppurante avec de multiples galeries ou sinus d’une région entière sans intervalle de peau saine.Enfin, d’autres formes sévères sont marquées par des poussées itératives et nombreuses se chevauchant dans le temps.Afin d’évaluer le stade de la maladie, il est recommandé d’utiliser le score de Hurley, qui distingue trois degrés de sévérité (voir encadré), pour déterminer la stratégie de prise en charge. A ces trois degrés, on ajoute les formes folliculaires (cicatrices à l’emporte-pièce, lésions en pics à glace, lésions à type de kystes épidermiques, comédons et kyste/sinus pilonidal et celles associées à d’autres maladies inflammatoires (comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin – type maladie de Crohn -  par exemple). Le recours à un score de douleur (la douleur chronique est fonction du nombre de sites atteints) rapporté par le patient permet, en outre, un suivi efficace des traitements médicaux.Enfin, d’une manière générale, il est essentiel de prendre également en charge les comorbidités associées.À savoir : le retentissement socio-professionnel et psychologique de cette pathologie est majeur et doit donc être pris en compte et cela dès la prise en charge initiale ; c’est d’ailleurs une des affections dermatologiques qui altère le plus la qualité de vie et une prévalence de la dépression de l’ordre de 40 %.


Source : lequotidiendupharmacien.fr