Les traitements

Publié le 19/05/2020

Asthme.Le traitement de l’asthme repose sur une prise en charge qui doit intégrer l’identification et la prévention des facteurs déclenchant ainsi que l’évaluation de l’état de contrôle de la maladie.Le traitement pharmacologique des formes légères est souvent réduit à l’emploi d’un bêta-2 agoniste de court délai d’action.Les autres formes (asthme persistant) relèvent d’un traitement de fond en sus d’un traitement de la crise, qui doit être régulièrement évalué et adapté.Celui-ci repose essentiellement sur les médicaments inhalés et est dominé par les corticostéroïdes inhalés* - toutes les études montrent leur efficacité dans le contrôle de la maladie, la réduction des exacerbations et la baisse de la mortalité ; rappelons qu’il existe un large consensus parmi les pneumologues pour les utiliser à tous les stades de la grossesse ainsi qu’en cas d’allaitement - administrés seuls ou en association avec des bêta-2-mimétiques inhalés de longue durée d’action (possibilité d’utiliser également le tiotropium – Spiriva Respimat). Les inhalateurs de poudre sèche sont plus simples à utiliser que les aérosols doseurs** car ils ne requièrent pas de coordonner l’inspiration et le déclenchement du dispositif.Les anticholinergiques entraînent une bronchodilatation en diminuant le tonus bronchoconstricteur cholinergique. Leur mode d’action est complémentaire de celui des bêta-2-mimétiques. Mais la bronchodilatation est moins rapide et moins importante qu’avec les bêta-2-mimétiques.Les antileucotriènes associent des propriétés à la fois bronchodilatatrices et anti-inflammatoires. Le montélukast – Singulair est utilisé le plus souvent en association avec la corticothérapie inhalée. Il est indiqué également en prévention de l’asthme induit par l’effort.Les bêta-2 agonistes par voie systémique (orale ou parentérale) peuvent être indispensables en cure courte (5 à 10 jours) dans les exacerbations sévères.Enfin, trois biothérapies sont actuellement disponibles : l’omalizumab – Xolair, un anticorps monoclonal se fixant sur les IgE sériques libres (empêchant leur liaison aux récepteurs exprimés à la surface des mastocytes et des basophiles) et trois anticorps monoclonaux dirigés contre l’interleukine 5 (récepteurs sur les éosinophiles), deux destinés à la voie sous-cutanée, le mépolizumab – Nucala et le benralizumab – Fasenra et un utilisé en perfusion intraveineuse, le reslizumab – Cinqaero. Ne pas oublier de rappeler l’intérêt de la vaccination antigrippale annuelle et de la vaccination contre le pneumocoque.BPCO.La prise en charge de la BPCO vise 6 principaux objectifs : 1) Contrôler les symptômes ; 2) Prévenir l’aggravation ; 3) Réduire la fréquence et la sévérité des exacerbations ; 4) Améliorer la qualité de vie ; 5) Augmenter la tolérance à l’exercice ; 6) Réduire la mortalité.Le traitement des comorbidités associées doit être également systématique : dénutrition, hypertension artérielle, cardiopathies ischémiques, artériopathie périphérique, syndrome métabolique, troubles de l’érection, amyotrophie, ostéoporose, troubles respiratoires du sommeil, troubles métaboliques, anxiété, dépression, cancer bronchique…Lorsque les symptômes (dyspnée) sont épisodiques et peu intenses, le traitement se limite aux bronchodilatateurs de courte durée d’action, inhalés à la demande (bêta 2-agonistes ou anticholinergiques).En cas de dyspnée quotidienne et/ou d’exacerbation, le traitement de première ligne est représenté par un bronchodilatateur de longue durée d’action, bêta-2 agoniste ou anticholinergique.En cas de troubles persistant, une bithérapie peut être proposée reposant sur l’association de deux bronchodilatateurs de longue durée d’action (bêta-2 agoniste et anticholinergique).Chez les patients présentant des exacerbations sans dyspnée significative associée, l’association d’un corticoïde inhalé et d’un bêta-2 agoniste de longue durée d’action peut être envisagée.Enfin une trithérapie inhalée (corticoïde + bêta-2 agoniste de longue durée d’action + anticholinergique) est indiquée en cas de persistance d’exacerbations et/ou d’une dyspnée malgré une bithérapie.L’oxygénothérapie de longue durée a des indications strictement codifiées, fonction de la PaO² et concerne les patients au stade d’insuffisance respiratoire chronique grave. Sa durée ne doit pas être inférieure à 15 heures par jour.Syndrome d’apnées du sommeil.La mise en œuvre de règles hygiénodiététiques est souvent indispensable car cette pathologie est fréquemment associée à une obésité. Sont déconseillés, les traitements anxiolytiques, sédatifs ou myorelaxants, ainsi que la consommation d’alcool. La prise en charge la plus efficace est représentée par la pression positive continue. Sa mise en place fait intervenir des prestataires de santé à domicile pour la fourniture et la maintenance du matériel, la gestion du dossier administratif et une contribution au suivi (télésuivi) et à l’éducation thérapeutique.Une autre option (les indications ne sont pas superposables) est l’orthèse d’avancée mandibulaire, parfois recommandée en première intention dans les formes modérées. De préférence faite sur mesure et sous le contrôle d’un chirurgien-dentiste spécialisé. Enfin, la chirurgie ORL possède certaines indications. 


Source : lequotidiendupharmacien.fr