Les questions à l’officine

Publié le 23/10/2020

Le tabac expose-t-il à d’autres risques que le cancer ?Hélas oui et il faut savoir que le risque commence avec une seule cigarette par jour et que chaque cigarette diminue de 10 minutes en moyenne l’espérance de vie du fumeur. Selon les études, les fumeurs meurent 8 ans avant les non-fumeurs ; 15 ans pour ceux qui n’arrêtent pas. Si généralement le risque de cancer bronchique/pulmonaire (90 % de tous les cancers trachéobronchiques sont attribuables au tabac ; le risque étant davantage lié à la durée du tabagisme qu’au nombre de cigarettes fumées) est largement connu, on ignore souvent que le tabagisme majore aussi le risque d’autres cancers : lèvres, langue, cavité buccale, oropharynx, larynx, œsophage, rein, voies urinaires (dont la vessie), voies nasales, foie, col de l’utérus, colon, rectum, ovaire, sein et pancréas. Le risque de leucémie myéloïde est aussi augmenté. Mais ce n’est pas tout. En effet, le tabagisme augmente aussi le risque de décès par maladies cardiovasculaires (c’est notamment un puissant accélérateur d’athérothrombose – et donc un facteur de risque d’accident vasculaire cérébral, et est un « poison des vaisseaux » d’une manière générale ; citons également à ce sujet l’artérite oblitérante des membres inférieurs) et par insuffisance respiratoire.Je suis enceinte et j’aimerais m’arrêter de fumer, mais j’ai peur de prendre des médicaments. Que dois-je faire ?La grossesse est un excellent moment pour prendre la décision d’arrêter le tabac.En effet, celui-ci accroît le risque de fausse couche spontanée au premier trimestre et de grossesse extra-utérine. Cela proportionnellement au nombre de cigarettes fumées.Aux 2e et 3e trimestres, le tabagisme majore le risque d’hématome rétroplacentaire, de mort fœtale, de césarienne et de petit poids à la naissance. Après la naissance, les enfants de mère ayant fumé durant leur grossesse sont exposés à faire davantage d’infections respiratoires, de souffrir d’asthme puis de surpoids/obésité à l’adolescence. Et auront davantage de risques par la suite de devenir dépendant au tabac.Les substituts nicotiniques, quelle que soit leur forme galénique, peuvent être utilisés tout au long de la grossesse chez les femmes en échec de sevrage.En revanche, le bupropion et la varénicline sont fortement déconseillés.Mon fils de 28 ans se décourage d’arriver à arrêter de fumer. Que faire pour l’aider ?La rechute doit être dédramatisée ; elle constitue d’ailleurs une étape souvent nécessaire dans l’apprentissage de la vie sans tabac.Il ne faut jamais se décourager. D’ailleurs les études montrent que le sevrage total et définitif demande en moyenne 4 tentatives et donc parfois plus.Un point important est de ne pas arrêter trop tôt les substituts nicotiniques (minimum : 2 à 3 mois), car les rechutes précoces sont très fréquentes. C’est l’une des plus grandes causes d’échec. De plus, il est déconseillé de les arrêter brutalement, pour laisser à l’organisme le temps de se désaccoutumer. Et il est prudent de garder à portée de main une forme de substitut nicotinique pendant les semaines qui suivent l’arrêt d’un traitement de fond en cas de besoin urgent de fumer.


Source : lequotidiendupharmacien.fr