Le traitement

Publié le 23/10/2020

L’objectif doit être un sevrage total et prolongé. En effet, la réduction de la consommation de tabac ne s’accompagne que d’une très modeste diminution des risques pour la santé et ne doit être considérée que comme une étape vers un sevrage complet.Une motivation initiale suffisante est indispensable. À chacun la sienne : protéger sa santé, mieux respirer, retrouver le goût et l’odorat, vivre mieux sa grossesse, ne plus être dépendant, faire des économies…Soulignons l’importance d’un entretien motivationnel.- Les médicaments :Les occasions d’intervention du pharmacien sont multiples. C’est notamment le cas lorsqu’i délivre des traitements indiqués dans la prise en charge d’une pathologie liée au tabac ou fortement aggravée par le tabac, un test de grossesse, une contraception orale ou des traitements prescrits dans le cadre de la préparation d’une intervention chirurgicale (de préférence 6 à 8 semaines avant), car le tabac majore le risque de complications respiratoires et cardiovasculaires.Les substituts nicotiniques sont les produits à utiliser en première intention : comprimés à sucer (Nicotinell, NiQuitin), pastilles à sucer (Nicopass), comprimés sublinguaux (Nicorette, Microtab), gommes à mâcher (Nicogum, Nicorette, Nicotinell, NiQuitin), dispositifs transdermiques (Nicopatch, Nicotinell TTS, Nicoretteskin, NiQuitin) et spray buccal (Nicorettespray). Ils doublent les chances de maintien du sevrage à 6 mois (50 – 60 %).Dosage et posologie sont bien entendu très importants et doivent être adaptés à chaque cas. En recourant éventuellement à des associations (le plus souvent : patchs + une autre forme à utiliser à chaque fois que survient l’envie de fumer) et en diminuant l’une et l’autre à mesure que disparaît la dépendance.Le calcul de la quantité initiale de nicotine dépend de celle à laquelle le sujet est habitué en tant que fumeur. Une cigarette renferme entre 6 et 17 mg de nicotine, dont 1 à 2 mg sont absorbés.La plupart des spécialistes sont d’avis que le dosage en substituts nicotiniques doit être d’environ 1 mg de nicotine par cigarette éliminée. D’après ce principe, une personne fumant 20 cigarettes par jour pourrait utiliser chaque jour un patch à 15 mg (dans la pratique il est habituel de débuter par 21 mg) et sucer 5 comprimés à 1 mg.Ce principe doit néanmoins être relativisé, car, d’une part, les patchs ne relâchent qu’environ 75 % de la nicotine qu’ils contiennent (contrairement aux pastilles ou comprimés à sucer dont toute la nicotine est absorbée), et, d’autre part, il faut également tenir compte de l’intensité avec laquelle le fumeur « tire » sur ses cigarettes. Il ne faut pas perdre de vue non plus que les cigarettes dites « légères » sont capables de délivrer autant de nicotine que les autres.Enfin, il existe des différences interindividuelles des effets pour une même dose de nicotine. Des facteurs physiologiques spécifiques, souvent héréditaires, déterminent la proportion de nicotine qui devient disponible dans le sang ainsi que la sensibilité de l’organisme à la nicotine.À savoir :- La consommation de café ou de boisson à base de cola avant ou pendant l’utilisation des substituts nicotiniques oraux est déconseillée car elle diminue l’absorption orale de la nicotine en abaissant le pH buccal.- La persistance d’un tabagisme en même temps que l’utilisation d’un patch n’est pas dangereuse mais doit conduire à réévaluer le dosage utilisé.La durée d’administration varie habituellement entre 6 semaines et 6 mois, voire plus.Sont également utilisables, en deuxième intention (et sur prescription), un médicament de type antidépresseur, le bupropion (Zyban LP), un inhibiteur de la recapture de la dopamine et de la noradrénaline, qui peut entraîner une augmentation de la pression artérielle, notamment quand il est associé à des patchs à la nicotine (des contrôles réguliers peuvent être prudents) et qui est susceptible de rendre positifs certains tests antidopage, et la varénicline-Champix, un agoniste-antagoniste partiel d’un sous-type de récepteurs nicotiniques centraux dont la stimulation augmente la libération de dopamine au niveau de certaines zones nerveuses (médiateur impliqué dans tous les phénomènes de dépendance).Ces deux médicaments sont déconseillés au cours de la grossesse et de l’allaitement. 


Source : lequotidiendupharmacien.fr