Alors que le dispositif OSyS entre dans une phase transitoire avant sa généralisation sur l’ensemble du territoire, les évaluations confirment son efficacité tout en pointant plusieurs axes de progrès. Trois pistes d’amélioration ont notamment été retenues pour sécuriser le déploiement du dispositif dans le droit commun.
Feu vert pour les quatre régions qui ont expérimenté OSyS (Orientation dans le système de soins) : elles peuvent maintenir le dispositif jusqu’à sa généralisation sur tout le territoire, soit dans un délai de 12 à 18 mois. Pharma système qualité (PHSQ), à l’initiative de la mise en place de ce dispositif en Bretagne, et les URPS régionales de Centre-Val de Loire, Corse et Occitanie ont obtenu fin décembre leur cahier des charges pour poursuivre l’orientation des patients en cas de plaie simple, brûlure de 1er degré, conjonctivite et piqûre de tiques. Le financement est par ailleurs assuré jusqu’au 31 décembre 2026, avec prolongation possible jusqu’au 31 mars 2027.
Cette « période transitoire » doit permettre aux services ministériels de transposer le protocole OSyS dans le droit commun, en tirant également les leçons de la généralisation de la prise en charge des angines et des cystites. Bien que le rapport d’évaluation, rendu public jeudi 7 janvier, souligne le succès indéniable d’OSyS, les avis du comité technique de l’innovation en santé (CTIS) et du Conseil stratégique de l’innovation en santé (CSIS) pointent plusieurs pistes d’amélioration.
La formation de l’équipe officinale
La mobilisation des ressources humaines a constitué « un frein important » dans le déploiement d’OSyS, selon le CTIS. « Dans la moitié des pharmacies engagées un seul pharmacien était formé, ce qui a limité leur capacité à intégrer pleinement le dispositif dans leur fonctionnement quotidien. » Le manque de temps, la surcharge de travail et l’absence de relais au sein de l’équipe officinale ont également été identifiés comme des obstacles. Si bien que 44 pharmacies initialement mobilisées n’ont finalement pas participé à l’expérimentation. « La formation d’au moins deux personnes au sein de l’officine reste un élément facilitateur », souligne le rapport d’évaluation. Quant au rôle des préparateurs en pharmacies, non prévu dans le cadre de l’expérimentation, « il pourrait être clarifié pour éviter les transferts de compétences ».
La formalisation des relations interprofessionnelles
La coordination entre le pharmacien et le médecin traitant reste « largement informelle et hétérogène » et repose « sur des initiatives individuelles » alors qu’elle est la colonne vertébrale du dispositif. « En l’absence de protocole partagé, les pharmaciens prennent souvent des décisions au cas par cas, en fonction de la situation clinique et de la disponibilité des médecins », souligne le rapport d’évaluation. La plupart des médecins concernés ne sont pas assez informés sur le dispositif et refusent parfois de collaborer. La communication sera donc un levier important de réussite. Elle pourrait passer par des formations croisées pharmacien – médecin, des réunions locales des structures d’exercice coordonné (CPTS, MSP) et le soutien actif des URPS Médecins libéraux. L’utilisation de la messagerie sécurisée de santé (MSSanté), « un levier efficace » de coordination, doit également être clarifiée.
L’interopérabilité des outils SI
L’un des outils de coordination entre professionnels est la transmission du rapport de triage au médecin traitant. Le système d’information créé par PHSQ pour accompagner le pharmacien dans l’arbre décisionnel de chaque cas clinique et assurer la traçabilité du triage, appelé ONO (outil numérique OSyS), a été largement salué pour sa capacité à homogénéiser les pratiques et sécuriser les prises en charge. Dans le cadre de l’expérimentation, il ne permettait cependant pas d’interopérabilité avec les outils métiers. « La question de la traçabilité des prises en charge doit être réfléchie dans le cadre d’un modèle qui ne reposerait pas sur le logiciel », recommande le CTIS. Faute d’un tel outil, le compte rendu de triage et de la décision prise était souvent remis au patient au format papier, sans garantie que celui-ci soit transmis au médecin.
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