Dans quelles situations cliniques ?

Publié le 06/11/2020

- Le psoriasis : Le traitement vise à atténuer, et si possible à faire disparaître, les manifestations cutanées et leur retentissement psychologique.Les dermocorticoïdes représentent le traitement de première intention des formes légères et peuvent être utilisés en traitement d’appoint des stades modérés à sévères. Il est conseillé de préférer les dermocorticoïdes d’activité forte ou très forte. Leur combinaison à un dérivé de la vitamine D permet un gain d’efficacité. À savoir : les dermocorticoïdes exposent au risque de tachyphylaxie se traduisant par l’apparition d’une tolérance, autrement dit une résistance de la dermatose au traitement après des applications prolongées et ininterrompues (phénomène qui ne concerne pas en revanche les effets indésirables qui ont tendance à s’accentuer).Les analogues de la vitamine D présentent une activité comparable à celle des dermocorticoïdes, avec une action plus lente, mais sans atrophie du derme/hypoderme. Ils peuvent leur être associés.Les inhibiteurs de la calcineurine sont utiles (en application locale ou par voie générale selon le cas) notamment sur le visage et dans les plis. La ciclosporine est indiquée dans les formes étendues et graves du psoriasis (pour une durée maximale théorique de 2 ans).Les traitements par voie générale sont réservés aux formes modérées à sévères (atteinte de plus de 10 % de la surface corporelle ou indice PASI supérieur à 10), le choix du produit devant tenir compte des éventuelles contre-indications et du type de psoriasis.Le méthotrexate, qui est le produit le plus anciennement utilisé, représente souvent un choix de première ligne, surtout en cas d’arthropathie psoriasique associée.D’action rapide, la ciclosporine est généralement très active dans les érythrodermies.L’acitrétine est notamment efficace dans les atteintes palmoplantaires et peut constituer un traitement de fond ; elle peut aussi être associée à la photothérapie.Citons également la photothérapie. La photothérapie artificielle (photothérapie UVB à spectre étroit ou PUVAthérapie associant la prise d’un psoralène photosensibilisant-5 ou 8 méthoxypsoralène, à une irradiation par UVA ; dans la ré-PUVA, l’irradiation est précédée de la prise d’acitrétine durant 2 semaines qui permet de réduire la dose administrée), qui s’adresse à des formes plus étendues, permet d’obtenir environ 80 % de rémission, mais s’accompagne à long terme d’un risque de vieillissement cutané prématuré et d’une augmentation de l’incidence de cancers cutanés (carcinomes et mélanomes).Enfin, les biothérapies sont réservées aux formes étendues, en cas échecs des traitements précédents dans les formes modérées à sévères ou en cas de contre-indications de ceux-ci, ainsi qu’en cas d’atteinte rhumatologique associée ; leur utilisation exige de strictes règles d’emploi et de surveillance. Elles ont révolutionné le traitement des formes graves.- La dermatite atopique :Un émollient/hydratant, sans parfum ni conservateur (à appliquer sur la peau encore humide après la douche ou le bain), type Dexeryl, représente le traitement de fond, à appliquer chaque jour sur toute la surface corporelle. Il vise à restaurer l’intégrité de la barrière cutanée, favorise la rémission, prévient la poussée suivante et diminue son importance.Les dermocorticoïdes facilitent le traitement des poussées, en application d’abord quotidienne puis un jour sur deux.En cas de poussées fréquentes, un traitement d’entretien peut être proposé en prévention des rechutes : 2 applications par semaine sur les zones habituellement touchées.Le tacrolimus, en application locale, est efficace dès la première semaine, en cas de dermatite atopique résistante aux dermocorticoïdes.Dans les cas les plus sévères, il est possible de recourir à la ciclosporine et depuis peu à une biothérapie.


Source : lequotidiendupharmacien.fr