Chez le médecin

Publié le 16/06/2020

Le diagnostic nécessite d’éliminer les autres causes d’ostéopathies fragilisantes, notamment métaboliques et malignes.Le médecin recherchera des antécédents de fractures (interrogatoire, notion de diminution de la taille) et évaluera le risque de fractures, en s’enquérant d’éventuels antécédents familiaux de fractures (en remontant jusqu’aux grands-parents), d’une corticothérapie systémique prolongée (le seuil étant fixé par la prise d’au moins 7,5 mg par jour d’équivalent prednisone pendant un minimum de 3 mois), d’une ménopause précoce vers 40 ans, d’un poids corporel faible (IMC égal ou inférieur à 19), d’un tabagisme et/ou de l’existence d’un rhumatisme inflammatoire, d’une insuffisance respiratoire chronique (dont la BPCO), ou encore d’un diabète de type 1 ou 2.L’examen complémentaire clé est représenté par l’ostéodensitométrie. Il faut néanmoins savoir que la DMO ne détermine que 80 % de la solidité des os (d’ailleurs, la moitié des patients qui souffre d’une fracture ont une DMO normale) et que l’ostéopénie (forme de pré-ostéoporose) prédispose déjà à la survenue de fractures de fragilité. Elle est donc nécessaire mais pas suffisante, d’autant plus d’ailleurs qu’une DMO basse n’est pas synonyme d’ostéoporose, car elle peut témoigner de bien d’autres maladies osseuses, comme le myélome, l’ostéomalacie et l’hyperparathyroïdie (signe d’alerte : fractures avant 50 ans ; douleurs nocturnes ou persistantes au repos ; fièvre ; amaigrissement supérieur à 5 % du poids ; symptômes neurologiques : cruralgie sciatique ; déficit moteur ou sensitif ; signes viscéraux).Le résultat s’interprète en T-score*, différence entre la densité osseuse mesurée et la densité osseuse moyenne des sujets jeunes et s’exprime en unités d’écart-type.La valeur normale correspond à un T-score supérieur - 1, l’ostéopénie à un T-score compris entre – 1 et – 2,5, l’ostéoporose à un T-score inférieur ou égal à - 2,5 et une ostéoporose sévère à un T-score inférieur ou égal à - 2,5 avec au moins une fracture.À savoir : il existe un gradient de risque entre une valeur abaissée de la DMO et une augmentation du risque de fracture.La mesure des marqueurs du remodelage osseux, comme les CTX sériques peut être utile : une valeur élevée indique une résorption augmentée. Ils peuvent également être intéressants dans le suivi des effets du traitement.Le médecin peut dans certains cas utiliser le score FRAX, qui estime le risque individuel de fractures majeures, dont celles de hanche, à 10 ans.


Source : lequotidiendupharmacien.fr