Un peu de physiopathologie

Publié le 29/05/2020

Anatomie du pied
Le pied assure à la fois un rôle statique en soutenant le poids du corps et en assurant l’équilibre et un rôle dynamique en permettant la propulsion du corps en avant. Son squelette est formé de 26 os : les 5 os du tarse, les 5 métatarsiens et les phalanges. Ces os forment des arches, à l’origine de l’apparence creuse de la voûte plantaire, dont l’élasticité est assurée par des ligaments, tendons et muscles. Enfin, deux catégories de muscles permettent les différents mouvements du pied : les intrinsèques situés directement dans le pied et les extrinsèques, situés dans la jambe et dont les tendons sont dans le pied.Hallux valgus : formation et conséquences
L’hallux valgus est dû à une déviation du premier métatarsien vers l’intérieur du pied. L’articulation métatarsophalangienne du gros orteil devient alors saillante et forme une bosse appelée communément « oignon ». Cela s’aggrave progressivement, l’oignon peut devenir inflammatoire et le pied se déforme en raison du transfert d’appui sur les autres orteils. Des durillons apparaissent sur la plante du pied et des cors sur les orteils latéraux qui peuvent se recroqueviller en griffes.Mycoses cutanées : développement et agents responsablesLe pied d’athlète est une pathologie fréquente, favorisée par l’humidité et la chaleur : transpiration, port fréquent de chaussures fermées, mauvaise hygiène locale. Elle est également favorisée par le diabète et les déficits immunitaires et apparaît plus facilement sur un épiderme déjà lésé. Elle est due à la prolifération de dermatophytes (champignons se développant sur la kératine des cheveux, ongles et couche superficielle de la peau) ou de Candida (levure saprophyte des muqueuses). L’atteinte débute le plus souvent par un espace interdigital puis se propage aux autres orteils voire à la plante du pied. Cliniquement, des rougeurs et des cloques prurigineuses se transforment ensuite en fissures pouvant être douloureuses. En cas de mycose à dermatophyte, l’extension à l’ongle est fréquente.Onychomycose : développement et agents responsablesLes onychomycoses au niveau du pied sont dues dans 90 % des cas à des dermatophytes, avec une prédilection pour le gros orteil. Dans ce cas, l’envahissement débute sous le bord libre de l’ongle, en particulier dans sa région latéro-distale. Celle-ci devient alors blanc jaunâtre (leuconychie) puis parfois marron, vert ou noir en fonction de l’envahissement du champignon. Ensuite, l’ongle s’épaissit (hyperkératose) et s’effrite et la mycose progresse vers la matrice, pouvant décoller l’ongle.Phénomène de Raynaud : un arrêt temporaire de la circulation sanguineIl se traduit par une constriction soudaine des petites artères des mains et parfois des pieds lors d’une exposition au froid ou après une émotion forte. Cela entraîne une pâleur et un refroidissement des orteils avec perte de sensibilité. Suit une phase dite « asphyxique » où les orteils deviennent bleus et où le patient ressent des picotements pouvant être douloureux. Enfin, les orteils se recolorent et deviennent rouges et douloureux avant de reprendre leur aspect normal. Dans 80 % des cas, ce phénomène est idiopathique et touche majoritairement les femmes. Mais il peut également être secondaire à la prise de bêtabloquants ou de dérivés de l’ergot de seigle, à une sclérodermie, à une cause professionnelle (emploi d’engins vibrants)…


Source : lequotidiendupharmacien.fr