À l’initiative d’Antonin Bernard, coprésident du syndicat des pharmaciens de l’Ain et de la FSPF Rhône-Alpes, un livre blanc contenant 100 propositions visant à lutter contre la surcharge administrative qui pollue l’exercice quotidien des pharmaciens avait été remis en octobre au directeur général de l’assurance-maladie. Un travail qui entre aujourd’hui dans une deuxième phase. Après une nouvelle consultation menée auprès des pharmaciens, 15 mesures prioritaires issues de ce livre blanc ont été retenues.
La lutte contre la complexité administrative est souvent l’un des enjeux principaux que les pharmaciens mettent en avant lorsqu’on leur demande comment améliorer leur exercice au quotidien. Procédures trop complexes, formulaires à remplir et ou à vérifier pour certains médicaments sensibles, règles de délivrance fastidieuses qui évoluent sans cesse… les complexités administratives auxquelles le pharmacien doit faire face ne manquent pas et ont tendance à s’accumuler dangereusement au fil des années et des décisions des autorités sanitaires. Dans un livre blanc, Antonin Bernard, coprésident de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) de Rhône-Alpes, avait réuni pas moins de 100 propositions visant à simplifier toutes ces démarches administratives, après avoir sondé ses confrères et consœurs sur le terrain. Un document remis en octobre à Thomas Fatôme, directeur général de l’assurance-maladie. Si les idées ne manquent pas, l’objectif est aujourd’hui de déterminer les propositions qui apparaissent prioritaires aux yeux de la profession. La FSPF Rhône-Alpes a donc sélectionné 15 mesures jugées fondamentales et interrogé les officinaux pour qu’ils classent ces dernières par ordre de priorité. « Les 100 mesures proposées par nos adhérents ne pourront pas être toutes mises en œuvre dans l’immédiat et notre travail devra donc porter en priorité sur quelques-unes d’entre elles », expliquent en effet Antonin Bernard et la FSPF Rhône-Alpes, qui rappellent leur objectif global : « simplifier drastiquement les contraintes administratives qui pèsent sur les équipes afin de leur redonner le temps de prendre soin de leurs patients ».
Trois mesures « ultra-prioritaires »
Parmi ce top 15 des mesures de simplification administrative, trois d’entre elles ont été définies comme « ultra-prioritaires » selon les réponses fournies par les 137 pharmaciens qui ont participé à cette nouvelle enquête. La première concerne les médicaments chers et plus précisément la procédure de vérification de la véracité de l'ordonnance dès que le médicament coûte plus de 300 euros. Temps perdu à tenter de joindre le prescripteur, sans succès la plupart du temps, puis à signaler ou vérifier le document sur ASAFO, le tout avant un éventuel indu… La lutte contre les ordonnances frauduleuses sur ces médicaments onéreux repose beaucoup trop sur les épaules des seuls officinaux, dénonce le panel, qui rappelle qu’une solution existe pour lutter plus efficacement contre ce fléau : l’e-prescription. Problème : les prescripteurs et encore plus le milieu hospitalier ne sont pas du tout prêts, empêchant la généralisation du recours à ces ordonnances dématérialisées. Pour inverser la tendance, il faut donc « mettre en place en urgence l’e-prescription chez tous les prescripteurs et faire reposer la faute des falsifications d'ordonnances sur l'administration », demandent les pharmaciens interrogés.
Autre dossier jugé de la plus haute importance, celui des formulaires que doivent remplir les prescripteurs pour prouver l'indication remboursable des analogues du GLP-1. Documents que les pharmaciens ont ensuite la charge de vérifier pour s’éviter tout risque d’indus. « Il faut supprimer purement et simplement cette hérésie ! Les pharmaciens ont assez de paperasse comme ça. La seule solution contre la fraude, c'est la généralisation de l’e-prescription », rappellent une nouvelle fois les officinaux.
Enfin, la troisième mesure à appliquer au plus vite selon le rapport de l’enquête concerne le traitement et les délais de paiement en cas d’accident du travail. « Les factures d'accident du travail de certaines caisses d'assurance-maladie sont toujours traitées en version papier. Les délais de règlement sont très longs et parfois des dossiers se perdent et ne sont jamais réglés », dénonce l’enquête. Pour les pharmaciens, il est donc temps d’en finir avec ces documents papier et généraliser le recours à la télétransmission pour plus d’efficacité et de fluidité.
Modifications d’ordonnances, dispensation des DM, cartes Vitale temporaires pour les patients AME…
D’autres sujets de simplification sont aussi plébiscités par les pharmaciens. Parmi les propositions qui recueillent majoritairement l’adhésion des officinaux : « Permettre au pharmacien d'effectuer des modifications d'ordonnance mineures, sous sa propre responsabilité et sous simple réserve d'en informer le prescripteur » : rendre obligatoire le recours à l’e-prescription dans le cadre de la téléconsultation ; « mettre en place un contrôle immédiat des dispensations des dispositifs médicaux avec blocage automatique du remboursement en cas de dépassement des seuils de la LPP » par le biais des LGO ; ou encore « délivrer des cartes Vitales temporaires aux patients AME avec une garantie de paiement semblable aux cartes Vitales habituelles ».
Autant de mesures recensées et couchées sur papier sur lesquelles il faudra désormais sensibiliser les pouvoirs publics. « Ce travail d’enquête ne doit pas rester au fond d’un tiroir mais servir de base pour sensibiliser les élus de la nation et l’ensemble des instances et administrations qui entourent notre profession », concluent les auteurs du rapport.
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