Les principaux laboratoires pharmaceutiques français réunis au sein du G5 Santé, ainsi que l'association Amlis et les laboratoires Biocodex et Upsa, ont décidé de quitter le Leem, principal syndicat professionnel du secteur. Leur ambition ? Créer un nouveau syndicat de l’industrie pharmaceutique en France.
C’est une crise majeure qui secoue le Leem, seul syndicat représentatif de l’industrie pharmaceutique en France. L’organisation réunissait jusqu’à présent 280 entreprises allant de la PME à la multinationale, pour un total d’environ 80 000 collaborateurs. Le 8 janvier, les plus grands laboratoires français (Sanofi, Servier, Ipsen, LFB, Pierre Fabre et l'acteur majeur du secteur ophtalmique Théa), tous membres du centre de réflexion G5 Santé, « ont décidé d’être à l’initiative de la création prochaine d’un nouveau syndicat de l’industrie pharmaceutique en France », selon un communiqué conjoint de ces sociétés. Une nouvelle entité qui a vocation à être plus « agile » auprès des autorités, expliquent ses instigateurs. Sans critiquer ouvertement le Leem, les entreprises à l’origine de ce coup de force mettent en avant le fait que près de « 40 % des médicaments approuvés ces dernières années en Europe ne sont pas disponibles en France ». Elles soulignent ainsi les enjeux d’accès aux traitements et de compétitivité industrielle face à la montée en puissance de la Chine et à la stratégie américaine mêlant pression sur les prix et captation des investissements.
Les entreprises du G5 Santé ne sont pas les seules à quitter le navire. L'association Amlis, qui regroupe une cinquantaine de PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises du secteur de la santé, annonce aussi se désolidariser du Leem et indique réfléchir à « une structuration en syndicat » pour « mieux défendre » ses intérêts. Autres départs d’importance, ceux des laboratoires Biocodex et Upsa, qui considèrent « que les arbitrages collectifs au sein du Leem ne permettent plus de défendre avec suffisamment de clarté les enjeux spécifiques liés aux médicaments essentiels du quotidien ».
Le président du Leem, Thierry Hulot, également président du groupe Merck en France, a déploré cette initiative, estimant qu'elle risquait « de ne pas aider les patients » dans un contexte où « le médicament est devenu un enjeu géopolitique ». « Certains se sont peut-être dit que, si on se défendait nous-mêmes, on obtiendrait plus », regrette aujourd’hui Thierry Hulot. Le Leem, tout en prenant acte de cette décision, rappelle que son syndicat réunit toujours 260 adhérents aujourd’hui.
De leur côté, les entreprises pharmaceutiques qui ont souhaité quitter le Leem vont travailler à la création de cette nouvelle structure « plus resserrée », qui n’a pour l’instant pas de nom ni de statuts. Les sociétés dissidentes se disent prêtes à accueillir au sein de ce nouveau syndicat d'autres entreprises pharmaceutiques disposant de médicaments innovants, ayant au moins un site de production industrielle et/ou d’activités en recherche et développement (R&D) en France et soutenant la prise en compte de l'implantation industrielle française dans les politiques publiques.
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