L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) fait un nouveau bilan sur la disponibilité des médicaments psychotropes, qui ont fait l’objet de nombreuses tensions d’approvisionnement ces derniers mois. Si la situation « tend à s’améliorer progressivement », la reconstitution des stocks demeure « fragile » pour certaines spécialités.
Pour certains médicaments psychotropes, « les stocks commencent à se reconstituer sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement (du laboratoire aux pharmacies), ce qui contribue à limiter l’impact des tensions pour les patients », souligne l’ANSM dans un dernier bilan consacré à la disponibilité de cette classe de médicaments, Une amélioration globale donc, matérialisée par « plusieurs approvisionnements qui se sont concrétisés fin 2025 et se poursuivent en ce début 2026 ». Néanmoins, l’ANSM concède que « cette reconstitution progressive demeure toutefois fragile et dépend fortement de la régularité des approvisionnements par les laboratoires » et maintient donc un suivi rapproché de la situation.
Parmi les spécialités qui ont vu leur disponibilité s’améliorer sensiblement ces dernières semaines, on peut premièrement citer la rispéridone injectable et la palipéridone injectable. L’approvisionnement en rispéridone injectable a repris, avec le retour sur le marché de Risperdal Consta LP. Par conséquent, l’ANSM a décidé de mettre fin à des mesures exceptionnelles mises en place dans le cadre de cette pénurie, notamment la possibilité offerte aux pharmaciens de dispenser de la palipéridone injectable en remplacement de la rispéridone injectable sans que le patient présente une nouvelle ordonnance. Même situation pour la venlafaxine. Pour cette dernière, les importations mises à disposition en France avant la fin de l’année 2025 permettent aujourd’hui d’assurer la poursuite de l’amélioration de la couverture des besoins. Des améliorations sensibles sont par ailleurs attendues très prochainement pour la chlorpromazine orale (Largactil). Des approvisionnements sont en cours pour le dosage 100 mg de chlorpromazine. « Ils devraient être disponibles en pharmacies dans les 3 à 4 semaines qui suivent et permettront un retour à la normale progressif de la disponibilité du médicament pour les patients », assure l’ANSM.
Concernant la quétiapine, la situation s’améliore au niveau des industriels pour les dosages 50 mg LP et 300 mg LP. « Une reconstitution progressive des stocks est observée au niveau des grossistes répartiteurs et des pharmacies, permettant d’absorber les difficultés qui subsistent », commente l’ANSM. Preuve de cette amélioration, selon le gendarme du médicament, « le recours aux préparations magistrales continue de diminuer, pouvant traduire une amélioration de la disponibilité des médicaments en pharmacie ». En revanche, « la situation reste tendue pour le dosage 400 mg LP sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et les stocks ne se reconstituent pas à ce stade. La disponibilité reste limitée sur le terrain », détaille l’ANSM, qui espère un retour à la normale d’ici la fin du premier semestre 2026., selon les informations fournies par les laboratoires.
Par ailleurs, les approvisionnements en Téralithe 250 mg LI ont permis d’améliorer la disponibilité du médicament pour les patients dès la fin 2025. « Dans l’attente d’une reconstitution des stocks sur l’ensemble de la chaîne, le stock de dépannage d’urgence du laboratoire est toujours en place et peut être sollicité aussi bien en ville qu’à l‘hôpital », explique toutefois l’agence. En parallèle, la reconstitution des stocks se poursuit progressivement pour le dosage 400 mg LP et les approvisionnements actuels permettent de répondre aux besoins des patients.
Enfin, la situation s’améliore aussi globalement pour les spécialités à base de méthylphénidate (Concerta, Quasym, Médikinet, Ritaline). « Les médicaments remis à disposition en janvier devraient être disponibles en pharmacie dans un délai d’environ 3 à 4 semaines, compte tenu du délai de livraison ». L’ANSM reste néanmoins prudente sur cette dernière spécialité car « la visibilité sur les approvisionnements après mars 2026 reste limitée ».
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