L'angoisse du confinement à l'officine

Traiter plus par les mots que par la chimie

Par
Domitille Darnis -
Publié le 03/04/2020
Les patients français étant réputés pour se ruer sur les médicaments lors de baisse de moral, qu’en est-il en cette période de confinement ?

Stress, angoisse, panique, appréhension, telles sont actuellement les variations d’humeur des patients rapportées par les équipes officinales.

Ce stress manifeste s’est-il répercuté sur la vente des produits psychotropes ? Une petite dizaine d’officines en Loire-Atlantique et Maine-et-Loire a été interrogée sur ce sujet. L’impression est unanime : la sollicitation au comptoir sur la gestion de l’anxiété a été plus importante ces derniers jours. Dans certaines pharmacies, la vente de Sédatif PC a même été multipliée par 2 voire par 3 ! En revanche, les prescriptions de médicaments psychotropes (hypnotiques et anxiolytiques) n’ont pas augmenté, ce qui peut notamment s’expliquer par la restriction des visites chez les médecins généralistes. Une exception à signaler : l’alprazolam dont les prescriptions tendent à s’élever dans les environnements citadins. Le climat semblant plus serein en campagne, les chiffres restent stables et les patients plus reconnaissants et moins agressifs.

Quant aux équipes officinales, les collaborateurs retrouvent le calme à la suite de l’explosion de l’affluence pour le renouvellement des traitements et les demandes incessantes de masques et de gels hydroalcooliques. Les pharmaciens se sentent aussi mieux protégés grâce au port du masque et l’application stricte des mesures barrières, même si la crainte de transmettre le virus aux plus fragiles demeure.

Et le sommeil ?

Certains patients constatent une perturbation de leurs nuits en raison du climat oppressant, des informations alarmantes en continu et de la cassure de la routine quotidienne. Or, un bon sommeil (7 à 8 heures minimum) est indispensable à une bonne santé mentale et émotionnelle ainsi qu'au bon fonctionnement de l’organisme dont le système immunitaire est particulièrement sollicité en cette période. Ainsi, quelques conseils de bon sens peuvent être utilement rappelés, comme la nécessité de respecter des horaires réguliers de coucher et de lever, d’éviter les excitants, les écrans, les boissons alcoolisées en fin de journée, de faire un peu d’exercice en profitant de la lumière du jour et savoir se détendre en lisant, en écoutant de la musique ou en prenant un bain avant de rejoindre les bras de Morphée.

 

Domitille Darnis

Source : Le Quotidien du Pharmacien: 3592