Le chien peut-il présenter une sécheresse cutanée ?
OUI Toute modification de ce film lipidique est responsable de séborrhée. Le plus souvent la séborrhée est dite « grasse » entraînant alors une mauvaise odeur du pelage, des poils gras (voire huileux !) parfois collés entre eux. Mais il existe aussi une autre forme de séborrhée dite « sèche » : les poils sont secs, cassants, ternes, d’aspect cireux et la peau apparaît sèche : c’est l’équivalent de la sécheresse cutanée de l’Homme.
Quels sont les symptômes de la séborrhée sèche ?
Classiquement, on observe :
· Un grattage : généralement l’un des premiers signes. L’inconfort, créé par la sécheresse cutanée, entraîne des démangeaisons. Le chien se gratte ce qui entretient l’irritation de la peau. Des zones érythémateuses, pouvant s’infecter apparaissent en l’absence de soins.
· Une desquamation de l’épiderme, prenant l’aspect de « pellicules » blanchâtres, visibles sur les lieux de couchage, les sièges de la voiture ou lors du toilettage.
· Une perte d’éclat du pelage qui devient terne et cassant, voire des chutes de poils. Lorsqu’on caresse l’animal puis qu’on se lave les mains, les doigts semblent recouverts de « cire ».
Quelles sont les causes les plus fréquentes de sécheresse cutanée ?
La peau est souvent le miroir de l’état de santé général de l’animal. Une sécheresse cutanée peut ainsi être l’expression d’un problème aux origines multiples :
· Alimentation : les dermatoses répondant à la nutrition sont principalement induites par une ration mal équilibrée entraînant une carence en nutriment, notamment en Zinc (certaines races de chien sont prédisposées), vitamine E, vitamine A (chez le chat), ou en acides gras essentiels.
· Allergies : les principaux allergènes en cause sont des tropho-allergènes (alimentaires), des aero-allergènes (pollens, acariens…), des médicaments et des venins. Fréquente, la DAPP (dermatite par allergie aux piqûres de puces) provoque généralement des démangeaisons intenses et souvent une peau sèche.
· Parasites : plusieurs parasitoses induisent, entre-autre, une sécheresse cutanée et/ou du squamosis. On citera l’infestation par les puces, la cheyletiellose ou la leishmaniose.
· Soins cutanés inadaptés ou excessifs : bains trop fréquents avec des produits irritants ou mal tolérés, utilisation de shampooings « humains » au pH inadapté…
· Environnement agressif (forte chaleur, air trop sec).
· Pathologie à expression cutanée : de nombreux troubles hormonaux peuvent se traduire par une peau sèche et dégradée, comme l’hypothyroïdie et l’hypercorticisme. Lors de dermatite atopique (DA), pathologie complexe associant allergie, facteurs génétiques et environnementaux, l’altération de la barrière cutanée peut aussi conduire à une sécheresse cutanée. Enfin certaines maladies auto-immunes (lupus) peuvent aussi être en cause.
Certaines races sont-elles prédisposées ?
Oui : chez le chien par exemple, le setter irlandais, le teckel, le doberman.
Chez le chat, il existe des séborrhées primaires, d’origine génétique, en particulier chez le persan, le sphynx…
Quels conseils donner aux propriétaires ? Les causes de séborrhée étant très nombreuses, il n’est pas conseillé de traiter la séborrhée sèche sans avoir au préalable déterminé sa cause. En, effet, bien souvent le traitement de la cause permet la disparition de la sécheresse cutanée.
Ainsi le vétérinaire analysera les rations alimentaires, réalisera un bilan sanguin pour éliminer les affections hormonales, et fera un état des lieux des parasites possibles. Les traitements cutanés ne seront institués qu’une fois la cause déterminée et son traitement mis en place. L’importance d’un suivi vétérinaire ne doit pas être négligée.
Quels sont les types de traitement cutanés possibles ?
Une fois que le vétérinaire aura traité la cause, le traitement cutané sera mis en place.
Première étape : soulager le prurit et rétablir l’intégrité de la barrière cutanée en l’hydratant. Il est important que le pharmacien insiste sur la nécessité d’utiliser des produits vétérinaires, bien adaptés au pH de la peau des animaux (et jamais des produits adaptés à l’Homme, ou à l’enfant).
· Pour calmer une peau sèche et irritée, des shampooings dermatologiques pour chien contenant des principes actifs hydratants (ex. huile de calendula, aloe vera…) et kératomodulateurs (ex. ac. salicylique, goudron de houille, soufre…) peuvent être administrés. Il en existe de nombreux dans les gammes des principaux laboratoires. Il est conseillé de poursuivre le traitement avec le produit prescrit par le vétérinaire, en suivant scrupuleusement la fréquence d’administration (généralement 2 fois/sem pendant 15 jours, en espaçant ensuite peu à peu jusqu’à un intervalle de 1 à 2 semaines).
Des pipettes spot-on à base d’huile essentielles et d’AGE (ex. Dermoscent Atop7®) permettent aussi de soulager les peaux irritées.
Il existe aussi des formulations calmantes sous forme de spray (ex. Biocanina Prurispray®), crèmes ou baumes (attention aux réactions de certains animaux peureux aux sprays !).
· Le soulagement rapide des démangeaisons passe souvent par la prescription d’anti-inflammatoires par le vétérinaire. Ceux-ci ne doivent pas être réadministrés sans consultation préalable (attention à l’automédication !). En effet les corticoïdes, qu’ils soient topiques ou systémiques possèdent une activité puissante et sont bien tolérés sur des périodes limitées. Leur usage lors d’inflammation cutanée chronique doit cependant être strictement surveillé pour éviter les effets indésirables sur le long terme.
· De nouvelles molécules, tels les inhibiteurs de la Janus kinase (JAK), pourront également être prescrites dans certains cas et semblent très efficaces en cas de dermatite atopique.
Deuxième étape : rééquilibrer l’alimentation par des compléments alimentaires
La supplémentation en AGE (Omégas-6 et 3) contribue efficacement à réduire la desquamation et restaurer une peau saine, mais elle doit être poursuivie pendant au moins 2 mois. Il convient donc de prévenir les propriétaires que les résultats ne sont pas immédiats. Il existe de nombreuses spécialités disponibles comme les huiles de poissons en gélule. Lors de carence avérée, une supplémentation en Zinc et vitamines A et E sera proposée (nombreuses spécialités disponibles). Attention toutefois à ne pas administrer ces compléments en l’absence de carence !
Troisième étape : contrôler les parasites
Il est important d’insister sur la nécessité d’une protection antiparasitaire externe tout au long de l’année. Si la peau est irritée, les APE en comprimés seront particulièrement adaptés.
Conclusion
Notons qu’en pratique, les états kérato-séborrhéiques (EKS) qui regroupent notamment un grand nombre de dermatoses associées à du squamosis et/ou une altération de la production de sébum, représentent plus de 20 % des consultations vétérinaires. Les traitements sont souvent longs et il est essentiel que le pharmacien veille au suivi rigoureux des recommandations du vétérinaire (APE, types de shampooings et rythme d’administration…) pour que l’animal soit soulagé des symptômes.
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