Huiles essentielles : la qualité et les labels au service de la prescription

Huiles essentielles : la qualité et les labels au service de la prescription

03.11.2015

Apparus dans les années 1990, les labels et les chartes de qualité ont permis d’enrichir l’offre en huiles essentielles. Cette démarche visant une qualité toujours supérieure a ainsi contribué à affiner la prescription et à garantir la sécurité des utilisateurs.

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Au fil des années, l’offre en huiles essentielles (HE) s’est organisée pour répondre aux exigences des prescripteurs et des utilisateurs, de plus en plus nombreux. Le développement des normes AFNOR et ISO, l’encadrement par des règlements et des recommandations françaises et européennes ont permis de renforcer la qualité des huiles essentielles, de la production de la matière première à la vente du produit final. Officiels ou non, les labels sont venus compléter ce système qualité, pour une meilleure utilisation thérapeutique des HE.
 

Carte d’identité de l’HE : des labels non officiels

L’identification botanique de la plante dont est issue l’HE est un des premiers critères de qualité. Le nom français et le nom latin (genre et espèce) doivent être précisément mentionnés sur le conditionnement. Un autre élément est devenu indispensable : la caractérisation biochimique de l’HE par son ou ses chémotypes. Pour rappel, le chémotype correspond à la composition en composés majoritaires d’une HE. Deux HE issues d’une plante appartenant à une même espèce peuvent présenter des chémotypes différents, sous l’influence des facteurs environnementaux (écologiques, climatiques). Pour le thym vulgaire, par exemple, sept chémotypes ont été décrits, dont le thym à thymol, à linalol ou à géraniol. Concrètement, des labels non officiels tels que HEBBD (huile essentielle botaniquement et biochimiquement définie) et HECT (huile essentielle chémotypée) et des chartes de qualité sont proposés par certains laboratoires ou repris par des distributeurs pour garantir l’identification, botanique et biochimique, de leurs produits.
 

Le prescripteur et le chémotype

Pour l’aromathérapeute, le chémotype est devenu une donnée fondamentale. « Le chémotype détermine l’usage thérapeutique de l’huile essentielle », explique le docteur Jean-Michel Morel, médecin phyto-aromathérapeute, auteur du Traité pratique de phytothérapie (éditions Grancher, 2008) et fondateur du site wikiPhyto. Pour lui, l’identification du chémotype a permis d’affiner la prescription d’aromathérapie : « J’indique toujours le chémotype sur mes prescriptions, ce que je ne faisais pas il y a quelques années. Pour le romarin, par exemple, les propriétés thérapeutiques et le mode d’utilisation sont différents selon qu’on utilise le romarin à camphre, le romarin à cinéole ou le romarin à verbénone. Le premier, riche en camphre, doit être utilisé par voie locale uniquement, en rhumatologie ou traumatologie. Le second peut être administré par voie interne, pour les troubles respiratoires. Le dernier aurait des propriétés digestives. »
L’organe de la plante utilisé pour la fabrication de l’HE est le troisième élément qui mérite d’être précisé. « La partie de la plante dont est issue l’HE offre une caractérisation supplémentaire. C’est particulièrement intéressant pour les HE d’oranger amer (Citrus aurantium ssp amara) qui proviennent du zeste, de la feuille (HE petit grain) ou de la fleur (HE de néroli). »
 

Le Bio : une réponse cohérente, voire évidente

Le label Bio est un label officiel. Une huile essentielle Bio est une huile fabriquée à partir d’une plante issue de l’agriculture biologique. Ce mode de culture exclut l’usage d’OGM (organismes génétiquement modifiés) et favorise les procédés non polluants. L’utilisation des produits phytosanitaires est restreinte. Ce mode d’agriculture et l’étiquetage des produits qui en sont issus sont régis au niveau européen par le règlement (CE) no 834/2007, complété par le règlement (CE) no 889/2008. Les producteurs qui s’engagent dans la démarche d’agriculture biologique sont contrôlés par des organismes de certification en agriculture biologique. En France, il en existe huit, dont Ecocert, Agrocert, Certipaq, Bureau Veritas... (cf. ministère de l’Agriculture, 2013). En pratique, un produit issu de l’agriculture biologique doit pouvoir être identifiable par le consommateur. Les labels varient selon la nature et la destination du produit. Par exemple, pour les produits alimentaires, le logo européen, appelé « eurofeuille », représente douze étoiles formant une feuille sur fond vert. Le logo français est la marque AB. Elle garantit que le produit est 100 % bio ou qu’il contient au moins 95 % de produits agricoles bio dans le cas d’un produit transformé.
 
Pour le prescripteur aromathérapeute, l’utilisation d’HE Bio est une réponse cohérente qui correspond bien aux valeurs de ceux qui pratiquent cette médecine naturelle et aux attentes de ceux qui l’utilisent. « Les produits phytosanitaires sont des produits liposolubles qui se combinent avec les HE. En recueillant l’HE, on concentre aussi ces produits indésirables. Différents travaux ont montré que les HE Bio étaient de qualité supérieure », explique le Dr Morel qui n’hésite pas à préciser ce critère sur ses prescriptions, lorsqu’il le juge nécessaire. Certains laboratoires comme Naturactive ont d’ailleurs choisi de ne proposer que des HE Bio.

Les critères de qualité des huiles essentielles (HE) utilisées en thérapeutique :
• une HE 100 % pure et naturelle, c’est-à-dire non modifiée, non reconstituée et non déterpenée, dans laquelle le totum est conservé
• une identification botanique précise
• une HE chémotypée
• un procédé de fabrication validé, dans le respect de la pharmacopée et des normes en vigueur

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