Si un de mes patients meurt par suicide et qu'il m'a fait promettre de garder le secret sur ses intentions suicidaires- pas bien sur dans une situation d'urgence de crise suicidaire-, que peut-on dire à la famille si elle vient nous rendre visite après le décès? Peut-on divulguer certains faits ( difficultés professionnelles par exemple, pour déculpabiliser) ou aucun?
Je fais un cours à ce sujet et nous avons longuement débattu entre collègues. Je suis partisane d'écouter sans rien dire.
Le secret professionnel n'est pas applicable dans quatre circonstances bien précises et définies à l'article 226-14 du Code pénal. En dehors de ces quatre situations, les informations qu'un patient vous confie ne peuvent en aucun cas être divulguées à des tiers sauf à d'autres professionnels de santé afin d'assurer la continuité des soins ou de déterminer la meilleure prise en charge possible. Dans l'hypothèse que vous évoquez, le pharmacien ne peut rester passif lorsqu'un patient lui confie ses intentions suicidaires : il ne s'agit pas de rompre le secret auprès de la famille mais de déterminer et d'organiser avec d'autres professionnels de santé (médecin traitant, psychiatre, psychologue, services spécialisés, etc.) la prise en charge du patient. Post-mortem, les informations médicales ainsi que les confidences de votre patient restent protégées par le secret professionnel.
Fabienne Rizos-Vignal
11/09/2020