La balance bénéfice-risque du cannabis thérapeutique reste incertaine dans les douleurs neuropathiques, selon une revue Cochrane.
On estime que 6 à 10 % de la population souffre de douleurs neuropathiques, mais les traitements pharmacologiques actuels ne soulagent qu'une minorité de patients. Parmi les nouvelles pistes de traitement figure en bonne place le cannabis. Toutefois, le niveau de preuves de son efficacité dans cette indication reste globalement « faible voire très faible » et les risques insuffisamment documentés, estiment les auteurs d’une revue Cochrane menée en 2018 et qui vient d’être actualisée.
L’analyse porte sur trois formules de produits : les préparations à dominante tétrahydrocannabinol (THC), à dominante cannabidiol (CBD) et les préparations équilibrées THC/CBD. Les auteurs ont inclus 21 études randomisées en double aveugle qui ont évalué le traitement pendant une durée de 2 à 26 semaines, sur un total de 2 187 adultes présentant des douleurs neuropathiques.
Les critères d’évaluation retenus étaient le nombre de personnes rapportant un soulagement de la douleur d’au moins 50 %, une évaluation subjective par le patient de voir son état « bien amélioré » ou « très bien amélioré », les événements indésirables sévères et l’arrêt pour mauvaise tolérance.
Pour les formules à dominante CBD et à dominante THC, le niveau de preuve est très limité sur l’ensemble des critères. Les résultats sont légèrement meilleurs pour la formule équilibrée CBD/THC, pour laquelle se dégage une tendance plus favorable, bien que le niveau de preuve reste faible, avec un nombre plus élevé de personnes se disant « bien » ou « très bien » améliorées et rapportant un soulagement de la douleur d’au moins 30 %.
En France, le cannabis thérapeutique est expérimenté dans différentes indications, dont les douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non). Cette expérimentation ne prend plus de nouveaux patients depuis le 27 mars 2024 et devait s’arrêter le 31 mars 2026. Toutefois, le ministère de la Santé a annoncé, le 14 janvier, sa prolongation pour les patients actuellement traités, et cela, sans doute jusqu’à la généralisation de l’expérimentation.
ANSM
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