Insolite

La maladie des vacances

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Publié le 04/07/2024
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Êtes-vous de ceux qui, comme moi, redoutent par anticipation ce jour où les vacances commencent ? Autant vous rassurer tout de suite, je ne suis ni accro au travail, ni dédaigneux du loisir. Mais chaque fois que débute mon congé (pourtant mérité), je tombe malade… Pas une grosse maladie, mais quelques migraines à répétition, un nez qui coule, des douleurs musculaires… et parfois même, une petite déprime. J’ai appris récemment que je n’étais pas seul à souffrir les effets physiologiques de cette décompression. Ce syndrome porte même un nom : la « maladie des loisirs », encore appelée « effet déception » ou, dans sa version anglaise, leisure sickness ! Le phénomène a été décrit pour la première fois au début des années 2000 par le psychologue clinicien néerlandais Ad Vingerhoets. Son origine serait à trouver dans un soudain déséquilibre hormonal. Lorsque nous travaillons, notre organisme produit de la noradrénaline (et du cortisol) en grande quantité. Ces hormones du stress nous permettent de fonctionner à plein régime et de mieux résister aux agressions extérieures, notamment grâce à l’effet anti-inflammatoire de l’hormone. Lorsque le stress imposé par le rythme professionnel disparaît (vive les vacances !), nous relâchons naturellement la pression, ce qui se traduit physiologiquement par un arrêt brutal de la production de noradrénaline. Plus détendu, notre corps est alors aussi plus vulnérable aux infections. D’où la rhinite, gastro ou autre cystite des premiers jours de vacances. À en croire l’étude menée en 2002 par Ad Vingerhoets, les personnes les plus à risque de développer cette « maladie des loisirs » seraient « les perfectionnistes ayant une charge de travail élevée, qui s’engagent beaucoup et qui ont un sens aigu des responsabilités ». On ne change pas une nature. Mais, si vous êtes comme moi, j’oserais un conseil… que je tenterai de suivre aussi, promis ! À l’officine, apprenez à lever le pied durant l’année pour ne pas vous retrouver en flux tendu en permanence et ne pas perturber votre organisme au moment où vous relâcherez la pression. Vos vacances sont pour bientôt ? Il est encore temps de vous y préparer.

Didier Doukhan

Source : Le Quotidien du Pharmacien