Applis de messagerie

Communiquer en sécurité

Par
Mostefa Brahim -
Publié le 10/04/2020
Télétravail, cours en ligne, jeux en réseau, visionnage de séries et de films, nouvelles à donner ou à prendre…, les moyens de communication actuels permettent de se rapprocher virtuellement – au risque de saturer Internet et de divulguer des informations que l’on aurait préféré garder.
MM27-Signal

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MM27-Telegram

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MM27-WhatsApp

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MM27-Olvid

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Bien que le trafic ait augmenté, de 30 à 80 % selon les cas, les opérateurs télécoms, en début de semaine, se montraient confiants et assuraient que « les routes utilisées habituellement sont parfaitement dimensionnées pour supporter le trafic actuel ». Quand ralentissement il y a, le problème se situe au niveau des serveurs qui hébergent les contenus. Les professionnels redoutaient toutefois une situation de confinement total, rappelant que les règlements européens autorisent « à mettre en œuvre des mesures raisonnables de gestion du trafic » afin de donner la priorité aux services d’urgence ou aux usages du télétravail, au détriment d’usages plus « ludiques ».

Pour éviter ou au moins ralentir la saturation, plusieurs mesures sont conseillées, comme de privilégier le WiFi, de télécharger les séries et les films la nuit plutôt que de les regarder en streaming, d’éviter les contenus trop lourds, telles les vidéos en très haut débit ou en qualité 4K, ou simplement regarder la télévision via la TNT plutôt que la box, etc.

Les applications de messagerie utilisées pour garder le contact sont nombreuses, mais le trio gagnant des plus sécurisées demeure inchangé… en dépit des attaques qui ont affaibli leur crédibilité. On trouve ainsi au premier rang WhatsApp, utilisée par plus de 2 milliards d’internautes et dont le trafic a augmenté de 117 à 217 % durant la première journée de confinement selon les pays, ce qui a conduit Facebook à doubler la capacité de ses serveurs.

Mark Zuckerberg a par ailleurs annoncé le WhatsApp Coronavirus Information Hub, mis au point en partenariat avec l’OMS, UNICEF et le PNUD, avec notamment pour objectif de combattre les fausses informations qui circulent sur la plateforme à propos du CoviD-19. Il est vrai que si la messagerie est appréciée pour son système de cryptage de bout en bout, qui promet d’assurer la confidentialité des conversations (les messages sont inintelligibles pour l’éditeur), les absences de personnel, qui rendent la modération plus automatisée, expliquent certaines failles.

Confidentialité

Également gratuites, disponibles sur iOS et Android, supportant les appels audio et vidéo, ainsi que les groupes, et sécurisés par le même système de chiffrement de bout en bout, Signal, popularisée par le lanceur d’alerte Edward Snowden et récemment recommandée par la Commission européenne à ses équipes, et Telegram, sont également destinées aux internautes soucieux de la confidentialité ou du caractère privé de leurs échanges.

Signal présente l’avantage d’être libre : elle ne peut donc, contrairement à ses concurrentes dont le code source reste propriétaire, être accusée d’être partisane vis-à-vis d’un État ; l’open source donne aussi la possibilité de mieux déceler une faille de sécurité et elle conserve moins de métadonnées susceptibles d’identifier quelqu’un. Appréciée pour son efficacité, Signal a accru son audience en devenant plus conviviale avec des stickers et petits dessins à échanger, la possibilité d’envoyer des messages éphémères ou de créer des groupes de discussion.

L’application d’origine russe et hébergée en Allemagne Telegram est aujourd’hui victime, en termes d’image, de son efficacité, depuis qu’elle a été utilisée à des fins criminelles et terroristes. Ses atouts résident donc dans son système de cryptage complexe et dans le fait de n’avoir pas d’actionnaires ou d’annonceurs auxquels rendre de comptes.

Récemment créée, l’application française Olvid, disponible sur tous types de smartphone et d’ordinateur, se vante d’être encore plus sûre, dans la mesure où les données, systématiquement chiffrées, connectent directement l’utilisateur et son destinataire sans passer par un serveur central.

Mostefa Brahim

Source : Le Quotidien du Pharmacien: 3594