Rémunération sur objectifs de santé publique

Antibiotiques, génériques, biosimilaires… : les médecins tendent à maîtriser leurs prescriptions

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Publié le 02/05/2024
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Les prescriptions des médecins suivent-elles les bonnes pratiques ? Les chiffres marquants de leur rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP), qui note et rémunère les généralistes, les pédiatres et les spécialistes sur leur pratique clinique livrent des indications sur les tendances.

Les médecins ont été plutôt bons élèves en 2023, en ce qui concerne leur pratique clinique. C’est en tout cas la mention décernée par les indicateurs de leur rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) qui fixe des objectifs dans le suivi des pathologies chroniques (diabète, hypertension artérielle, risque cardiovasculaire), de prévention (grippe, dépistage des cancers, iatrogénie, antibiothérapie, conduites addictives) et d’efficience des prescriptions pour certains médicaments, dont les génériques et les biosimilaires.

Marge de progression dans la prévention de l’iatrogénie

Dans le volet « Prévention », « les deux indicateurs concernant l’antibiothérapie sont bien orientés », souligne l’assurance-maladie. Le nombre de traitements par antibiotiques pour 100 patients de 16 à 65 ans hors ALD diminue de 0,7 % et la part de patients traités par antibiotiques particulièrement générateurs d’antibiorésistance (amoxicilline/acide clavulanique, céphalosporines de 3e et 4e génération et fluoroquinolones) est en baisse de 1,9 %. Il y a moins d’enthousiasme pour les indicateurs de prévention de l’iatrogénie médicamenteuse (part des patients de plus de 75 ans hors ALD avec au moins 2 psychotropes ; part des patients avec une durée de traitement de benzodiazépines de plus de 4 semaines ; part des patients avec une durée de traitement de benzodiazépines de plus de 12 semaines), qui sont stables par rapport à 2022.

La performance à souligner est la hausse des médicaments biosimilaires parmi les prescriptions d’insuline glargine

Du mieux dans les IPP

Dans les autres chiffres marquants, les médecins piochent davantage dans le répertoire des génériques, avec une augmentation de 2,4 % (hors anti-hypertenseurs et hors statines), « soit 16,4 millions de boîtes prescrites en plus dans le répertoire », note l’assurance-maladie. Mais surtout, la performance à souligner est la hausse des médicaments biosimilaires parmi les prescriptions d’insuline glargine qui poursuivent leur « bonne dynamique (+ 5,7 points) pour s’établir à 44,2 % de boîtes prescrites ». On peut mieux faire, en revanche, sur la prescription dans le répertoire générique des anti-hypertenseurs, stable, et dans le répertoire générique des statines, qui continue de diminuer (-3,2 %).

Enfin, les prescriptions d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) respectent mieux les recommandations : la part des patients de moins de 65 ans sans facteur de risque de lésions digestives induites par les AINS qui bénéficient d’une co-prescription AINS/IPP baisse de 1 %.

Au final, la rémunération de la ROSP s’élève à 5 185 euros en moyenne pour les médecins généralistes concernés (+ 1,4 %), à 1 146 euros pour les pédiatres (+ 8,7 %) et 1 890 euros pour les spécialistes (+ 2,9 %). À ces chiffres s’ajoutent les montants versés au titre du forfait structure en moyenne à 4 214 euros, en hausse de 3,1 % sous l’effet notamment de l’introduction de nouveaux indicateurs rémunérés (alimentation du DMP, édition d’ordonnances numériques, usage du téléservice « Déclaration simplifiée de grossesse »).


Source : Le Quotidien du Pharmacien