Un décret publié au « Journal officiel » du 29 décembre 2025 acte la tant attendue Réforme du 3e cycle (R3C) des études de pharmacie. À partir de la rentrée 2026, la sixième année des filières officine et industrie deviennent un Diplôme d’études spécialisé. Les étudiants de la filière officine auront deux stages dans deux officines différentes à effectuer.
C’est désormais acté. Le décret entérinant la réforme du 3e cycle des études de pharmacie a été publié dans le « Journal officiel » du 29 décembre dernier. Ses dispositions s’appliqueront « à compter de la rentrée universitaire 2026-2027 », est-il précisé. Un aboutissement de 10 ans de travail, salué par Nina Didon, vice-présidente de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF). Dès lors, la sixième et dernière année d’étude de pharmacie des filières officine et industrie devient un Diplôme d’études spécialisé (DES), en remplacement du Diplôme d’état. Cette nouvelle formule prévoit pour le parcours officine deux stages de 4,5 mois dans deux officines différentes afin « de lutter contre l’émergence des déserts pharmaceutiques » et « de contribuer à un meilleur accès aux soins sur l’ensemble du territoire », indique le ministère de la Santé dans un communiqué. S’y ajouteront des enseignements théoriques ciblés. L'articulation des stages et des cours sera propre à chaque faculté, selon un rythme « qui ressemblera à une alternance », détaille Nina Didon. Les agréments et la régulation des terrains de stage seront de la responsabilité des commissions de répartition et des commissions pharmaceutiques officinales des facultés, qui sont encore à créer, et des Agences régionales de santé (ARS). « Le rôle de ces dernières constitue toutefois un point de vigilance, avertit Nina Didon. L’ANEPF s’inquiète de voir un acteur extérieur à nos études prendre part importante dans l’organisation de celles-ci, nous nous assurerons que les facultés gardent un pouvoir de décision sur les lieux et les maîtres de stage. » En pratique, l’un des deux stages a vocation à être réalisé prioritairement dans une zone sous dense, selon la cartographie déjà appliquée aux médecins des zones d’intervention prioritaire (ZIP) et zones d’action complémentaire (ZAC). Pour soutenir les étudiants et inciter à la mobilité, la gratification des stagiaires est doublée. Avancée par l’officine accueillant le stagiaire, une part sera ensuite prise en charge par l’État. Le montant de cette dernière doit encore être annoncé par le gouvernement. De plus, une indemnité de transport sera versée aux étudiants qui réaliseront leur stage dans les territoires. Elle sera prise en charge par l’assurance-maladie et s’accompagnera de garanties renforcées en matière de congés, de formation universitaire et de protection en cas de maladie ou de parentalité. « Cette réforme marque une étape importante pour la formation des pharmaciens. Elle valorise leur rôle essentiel dans le système de santé, renforce leur professionnalisation et améliore concrètement les conditions des étudiants. C’est un investissement pour l’avenir de la pharmacie et pour l'accès aux soins de nos concitoyens, partout sur le territoire », conclut Stéphanie Rist dans le communiqué. Des textes réglementaires complémentaires sont à venir début 2026.