COVID-19 - De nouveaux essais avec l’hydroxychloroquine

COVID-19De nouveaux essais avec l’hydroxychloroquine

Charlotte Demarti
| 24.03.2020

L'hydroxychloroquine a montré, dans des essais cliniques chinois puis dans une petite étude française, une efficacité contre le coronavirus, en permettant de diminuer la charge virale des malades. Afin de confirmer ou infirmer ces résultats prometteurs, le ministre de la Santé a donné son feu vert pour que d'autres essais cliniques de plus grande ampleur soient menés rapidement.

  • plaquenil

Dans un petit essai clinique mené sur 24 patients à Marseille, l’hydroxychloroquine (Plaquenil) a montré des résultats prometteurs dans la prise en charge du COVID-19.

Son auteur, le Pr Didier Raoult, directeur de l'Institut hospitalo-universitaire de Marseille, a alors fait part de son souhait d’étendre cet essai clinique. Une demande accordée par Olivier Véran, ministre de la Santé, qui a annoncé avoir « donné l'autorisation pour qu'un essai plus vaste par d'autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients ».

De nouveaux essais cliniques seront donc réalisés, mais « avec une équipe indépendante du professeur Didier Raoult », a confirmé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, en soulignant qu'à ce stade « nous n'avons pas de preuves scientifiques que ce traitement fonctionne ».

Plusieurs experts appellent en effet à la prudence, en l'absence d'études plus poussées et en raison des effets indésirables qui peuvent être graves, notamment en cas de surdosage. D'autant que l’étude du Pr Raoult est un essai non randomisé, à un seul bras, et elle n’est - à ce jour — pas publiée dans une revue scientifique (mais proposée pour publication).

24 patients sous 600 mg par jour d’hydroxychloroquine

Dans une présentation vidéo de son étude, le Pr Raoult indique avoir utilisé une dose de 600 mg par jour d’hydroxychloroquine chez 24 patients atteints de COVID-19 et que, six jours plus tard, seulement 25 % d'entre eux étaient encore porteurs du virus alors que 90 % de ceux qui n'avaient pas reçu ce traitement étaient toujours positifs. Un point très prometteur, « sachant que le portage viral reporté par les chinois est en moyenne de 20 jours », précise le chercheur.

Un résultat encore plus étonnant a été obtenu par l'équipe. En effet, certains patients à risque d’évolution vers une pneumopathie ont reçu - en plus de l’hydroxychloroquine - un traitement antibiotique à base d’azithromycine. En effet, l’azithromycine permet d'éviter les surinfections bactériennes, et de plus, elle a montré en laboratoire qu’elle était efficace contre un grand nombre de virus, bien que ce soit un antibiotique. Or dans ce sous-groupe hydroxychloroquine + azithromycine, la disparition de la charge virale a été encore plus nette, affirme le Pr Raoult.

Au regard de cette étude, le Laboratoire français Sanofi s'est dit prêt à offrir aux autorités françaises des millions de doses de Plaquenil, pouvant traiter potentiellement 300 000 malades, tout en précisant que le groupe se tenait prêt à travailler avec les autorités de santé françaises pour confirmer ces résultats.

Mais aujourd’hui, cette seule étude sur un nombre encore trop faible de patients (24) ne permet pas de tirer des conclusions… Et surtout, elle ne justifie pas de se précipiter en pharmacie pour tenter de se procurer du Plaquenil. Les prochains essais, qui devraient être réalisés à l’hôpital de Lille, permettront de confirmer - ou pas — les résultats du Pr Raoult.

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