Un pharmacien du CHU d'Amiens lance une cagnotte pour financer un essai clinique

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Publié le 17/04/2020

Crédit photo : DR

Pharmacien clinicien et chercheur au CHU d'Amiens, le Dr Aurélien Mary veut mener un essai clinique pour tester l'efficacité de l'interféron inhalé sur les patients atteints du Covid-19. Pour financer ses travaux, il a lancé une cagnotte sur Leetchi.

Protéines de la famille des cytokines, les interférons, naturellement produits par l'organisme, permettent aux cellules de se défendre contre les virus. Leur administration par injection pour traiter les malades atteints du Covid-19 fait actuellement l'objet d'un essai clinique dans le cadre du programme européen Discovery. Mais le Dr Aurélien Mary veut mesurer l'efficacité des interférons, cette fois-ci en inhalation… et cherche des financements pour débuter un essai clinique. « Selon des études chinoises, l’interféron par voie inhalée a le potentiel de réduire jusqu'à 50 % la mortalité du Covid-19. Il permet d’éliminer le virus en sept jours pour les formes légères et jusqu'à quinze jours pour les formes les plus sévères », détaille le chercheur picard sur la page de la cagnotte Leetchi qu'il a créée pour réunir les fonds nécessaires à la poursuite de ces travaux. À la date du 17 avril, près de 4 500 euros ont déjà été collectés.

Selon les études sur lesquelles s'appuie le Dr Mary, l'interféron inhalé « a une très bonne tolérance, moins d'effets secondaires que lorsqu'il est injecté et il ne présente pas de toxicité cardiaque, contrairement à l'hydroxychloroquine. C’est pourquoi il est préférable de le développer sous forme d’aérosol et non de l’administrer par voie sous-cutanée », juge-t-il. Un essai préliminaire incluant 60 patients va tout d'abord être organisé avec le protocole et le ratio suivant : trois patients recevront l'interféron inhalé en association avec lopinavir/ritonavir et un patient recevra du lopinavir/ritonavir seul. Ces résultats serviront de base à une étude plus large, à condition d'avoir le budget nécessaire, « entre 50 000 et 100 000 euros », selon le chercheur qui a donc décidé de passer par le financement participatif pour aller plus vite. Le Dr Mary a également envoyé, ce 17 avril, un dossier aux autorités sanitaires pour qu'elles évaluent son projet.


Source : lequotidiendupharmacien.fr