L’Académie nationale de pharmacie plaide pour la reconnaissance du rôle du pharmacien et l’octroi d’une clause de conscience dans le cadre de l’aide à mourir. Le texte est pour la troisième fois entre les mains des sénateurs, avant une lecture définitive par les députés le 15 juillet.
Le pharmacien doit avoir sa place dans le collège pluriprofessionnel évaluant la demande d’aide à mourir du patient. Voilà la position que soutient l’Académie de pharmacie dans un communiqué publié le 1er juillet. Pour rappel, la personne souhaitant une aide à mourir en fait la demande à un médecin, qui met en place une procédure collégiale associant a minima un spécialiste de la pathologie, un soignant intervenant dans le traitement du malade et lui-même. De fait, les pharmaciens, autant les hospitaliers chargés de la préparation de la substance létale que les officinaux responsables de la délivrance du produit si le patient souhaite mourir à son domicile, ne sont pas explicitement conviés.
Ils peuvent toutefois intégrer la réunion, sur sollicitation du médecin qui peut inviter « d’autres professionnels de santé ». Une organisation intolérable pour les Académiciens. « La proposition de loi ne reconnaît le pharmacien ni comme un acteur du parcours d’accompagnement des patients ayant demandé l’aide à mourir, ni comme un professionnel de santé collaborant avec les autres membres de l’équipe médicale impliqués dans le processus », regrettent-ils. Et de conclure : « Au regard du rôle majeur que le pharmacien exerce dans l’accompagnement des patients, de sa connaissance de leur parcours de soins et de leurs traitements, la possibilité de sa participation au collège pluriprofessionnel devrait être explicitement mentionnée. »
En parallèle, les Sages plaident en faveur de l’ouverture d’une clause de conscience pour les pharmaciens, invoquant, entre autres, la liberté de conscience, les obligations déontologiques imposant le respect de la vie ainsi que l’accompagnement quotidien des patients dans leur parcours de soins. Pas question, toutefois, de faire de l’obstruction. Cette clause ne s’exercerait qu’à condition « de communiquer le nom d’un pharmacien disposé à le remplacer ».
Le texte est pour la troisième fois à l’étude par le Sénat, défavorable au texte. Si un consensus n’est pas trouvé, l’Assemblée nationale aura le dernier mot, comme le veut la Constitution. Le 15 juillet aura lieu la lecture définitive par les députés, ne pouvant donner lieu à aucun amendement.