C’est un dispositif méconnu. L’Auvergne Rhône-Alpes propose depuis 2024 une subvention aux petites officines rurales qui souhaitent se moderniser. Inscrit dans le Plan Santé de la Région, le dispositif est accessible aux pharmacies générant moins de 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires, « rurales », et seule croix verte de leur village. Il vise à accompagner des travaux d’aménagement, de sécurisation, ou d’agencement en vue de nouvelles missions (pour un robot, une armoire réfrigérée, du mobilier...), pour équiper un service de téléconsultation dans le cadre d’un projet pluridisciplinaire, ou pour l’acquisition d’un véhicule (livraison, vaccination). Le plafond de l’aide est fixé à 30 000 euros et doit correspondre à la moitié du montant total. « L’objectif c’est aussi d’avoir des officines plus attractives notamment dans le cadre d’une revente et que le repreneur ait un outil de travail optimisé. C’est une façon de redonner de la confiance aux pharmaciens qui voulaient s’installer dans la région », souligne Olivier Rozaire, titulaire et président de l'URPS Pharmaciens Auvergne Rhône-Alpes.
Je suis fier que ma région aide en amont de l’aide conventionnelle. Et j’ai tenu à ce que cette aide soit cumulable avec d’autres soutiens publics
Olivier Rozaire, titulaire et président de l'URPS Pharmaciens AURA
Subvention supplémentaire pour les commerces
Au total, près de 546 000 euros ont été versés aux demandeurs en 2024 et 2025. Seules 25 officines ont bénéficié de ce dispositif avec un soutien d’un montant entre 6 000 et 30 000 euros, et ce, malgré un plafond de chiffre d’affaires relevé, entre-temps, de 900 000 euros à 1,2 million d’euros. Les titulaires de la région seraient -ils désespérés ? C’est une des hypothèses expliquant le nombre relativement peu élevé de demandes effectuées. « Le dispositif a été coconstruit avec l’URPS, à une période où le Conseil régional recevait des appels de maires inquiets de voir la pharmacie de leur commune fermer. D’où l’idée d’agir avant ces disparitions. (…) Je suis fier que ma région aide en amont de l’aide conventionnelle. Et j’ai tenu à ce que cette aide soit cumulable avec d’autres soutiens publics », rappelle Olivier Rozaire. « Nous avons fait plusieurs campagnes de communication. (...) Mais certains confrères ont été tellement déprimés qu’ils ne voulaient plus rien faire… Or investir nécessite de solliciter des fournisseurs, de faire faire des devis, certains ont abandonné… », regrette-t-il.
Le dispositif, qui impose un marquage mentionnant l’aide de la Région sur les éléments subventionnés, est toujours en vigueur. Pour candidater, il suffit de déposer un dossier avant le début des investissements. Et ce n’est pas tout. Le Plan Santé de la Région comprend une autre aide, destinée cette fois, aux commerces (dont les officines) au chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros et à la surface de vente d’un maximum de 150 m², pour « créer, rénover ou développer » leur point de vente. La subvention peut monter jusqu’à 10 000 euros, pour des investissements entre 10 000 euros et 50 000 euros HT. Seules 15 pharmacies en ont bénéficié depuis 2021.