Installation et sociétés

Financiarisation : le plan d’action du gouvernement

Publié le 14/10/2026

Crédit photo : Magnific

Le 13 octobre 2026, Stéphanie Rist, ministre de la Santé et Serge Papin, ministre des PME ont présenté leur plan d’action commun pour encadrer la financiarisation des structures de santé. 

« Les investissements privés peuvent contribuer au financement de l’innovation et à la modernisation de l’offre de soin. Nous en avons besoin, mais ils doivent appeler une vigilance particulière afin de préserver l’indépendance des professionnels de santé » déclarent d’une même voix, Serge Papin et Stéphanie Rist, respectivement ministre de la Santé et des PME lors d’une conférence de presse à deux voix, le 13 octobre 2026, pour présenter le plan d’action du gouvernement . 

33 % des officines auraient un emprunt obligataire

Comme d’autres professionnels de santé, les pharmacies sont concernées. Selon les chiffres avancés, 33 % des officines auraient contracté un emprunt obligataire. La volonté du gouvernement est de dépasser le débat pour ou contre la financiarisation de la santé, et de chercher un équilibre entre le droit des investisseurs, celui des professionnels de santé et l’intérêt collectif. 

Le plan présenté comporte 3 axes. Le premier vise à créer un continuum d’accompagnement pour donner aux professionnels les moyens d’exercer des choix éclairés. « Quand il cherche à s'installer, le professionnel de santé doit faire un business plan, aller voir les banques, il devient chef d'entreprise, or il n'est pas outillé pour cela » déclare Serge Papin. Le gouvernement prévoit donc de mettre en place des formations, des ressources pédagogiques et du mentorat pour accompagner les primo-installants « pour ne pas laisser les primo-installés seuls » ajoute le ministre des PME. Présent lors de la présentation, Fabrice Camaioni, président de la FSPF a souligé que « cet axe pourrait donner lieu à des modules de formation intégrés à la formation initiale des officinaux ».

Mise en place d'une doctrine ordinale

Le deuxième axe porté par le ministère de la Santé a trait à l’indépendance du professionnel. « Il serait possible de créer un nouveau texte de loi, mais nous avons opté pour la rédaction d’une doctrine d’usage portée par les ordres » présente Stéphanie Rist. Selon le calendrier précisé, à compter du premier trimestre 2027, les ordres vont conduire un  travail de conciliation avec les parties prenantes pour préciser les modalités d’application du principe d’indépendance. « Nous nous sommes inspirés du travail fait chez les vétérinaires. Ce guide doit permettre à chaque profession de clarifier les règles de fonctionnement des sociétés d’exercice libéral (SEL) et leur gouvernance » explique la ministre de la Santé. Cette doctrine sera curative, une fois construite, les acteurs auront un délai pour se mettre en conformité. 

Enfin, le troisième axe renforce la transparence par exemple en créant un observatoire national de la financiarisation des professionnels de santé dès le premier trimestre 2027. Ce dernier sera rattaché à la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS). Il aura pour mission de suivre l’évolution de la financiarisation de l’offre de soin.

 

Anne-Charlotte Navarro

Source : lequotidiendupharmacien.fr