Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, émet des doutes quant à la capacité des parlementaires à redresser les comptes sociaux dans le contexte annuel du débat sur le PLFSS pour 2026. Car le rejet de certaines mesures au cours des discussions du texte en Commission des affaires sociales la semaine dernière présage un difficile retour à l’équilibre. Un équilibre qui était pourtant atteint en 2019, rappelle-t-il, refusant la fatalité. Pour l’heure, selon les projections de la Cour des comptes, si aucun effort notable n’est entrepris pour enrayer la dérive, le déficit de la branche maladie qui s’accroît cette année de 3,4 milliards d’euros pour atteindre17,2 milliards d’euros, continuera à se creuser. De manière globale, les comptes de la Sécu se sont fortement dégradés cette année avec un déficit à 23 milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2023 et du jamais vu depuis 2012 (hors période Covid) et ils accuseront un trou de 28,7 milliards d’euros en 2026 si rien n’est entrepris. D’où un PLFSS pour 2026 conçu pour réaliser 9 milliards d’euros d’économies via notamment le doublement des franchises et participations (2,3 milliards d’euros) et des baisses de prix des produits de santé conjuguées à des pratiques de bon usage (2,3 milliards d’euros).
Une liquidité en cause
Toutefois, concentré sur un nombre limité de mesures à fort rendement, cet effort est exposé à la contestation et aux votes des parlementaires. C’est dire combien cette capacité de redressement semble fragile. Or « dans la trajectoire présentée dans le PLFSS pour 2026, le déficit ne se réduit pas à l’horizon de 2029, à cette date il pourrait atteindre 135 milliards d’euros », mettent en garde les sages.
Paradoxalement, alors que la croissance économique est étonnamment en hausse au troisième trimestre (+ 0,5 point), les sages de la rue Cambon ne peuvent que diagnostiquer une crise aiguë de notre système de protection sociale. Ceci d’autant qu’à partir de 2027, le déficit ne pourra non seulement plus être jugulé, mais qu’il dépassera aussi durablement la capacité de la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades). Une Cades qui ne peut indéfiniment être renflouée par l’agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) dont la mission n’est d’assurer une trésorerie qu’à court terme et certainement pas d’accumuler le montant élevé de la dette sociale. C’est par conséquent la liquidité de la Sécurité sociale qui est, à terme, en cause. Les parlementaires ont donc la responsabilité d’actionner tous les leviers en leur possession pour trouver un pilotage et un financement cohérents de la Sécurité sociale.
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