Deux expositions à Paris : au temps de Monet et de Proust

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Publié le 28/04/2022
Deux mondes contemporains (fin du XIX e-début du XX e) et si différents : celui du décor impressionniste au Musée de l’Orangerie et celui de l’Italien Boldini au Petit Palais.
Boldini, portrait de la princesse Bibesco, 1911

Boldini, portrait de la princesse Bibesco, 1911
Crédit photo : COLLECTION PARTICULIÈRE

* Au Musée de l’Orangerie, « Le décor impressionniste. Aux sources des Nymphéas ». Nombre de ces décors impressionnistes sont connus, mais regroupés ils racontent une autre histoire. Des œuvres de commande alimentaire. Des grands formats inhabituels, avec une touche plus lâche, souvent des cycles des saisons ou des fleurs pour des murs, dessus de porte, éventails, céramiques, tapisseries… Renoir travaille pour des cafés parisiens ou le Cirque d’hiver, et s’inspire aussi pour ses danseuses de l’antique et de la peinture du XVIIIe ; il veut « mettre un peu de gaîté sur les murs ». Cézanne décore le salon de ses parents. Pissarro dépose un brevet de peinture sur ciment pour imiter la fresque. Ils excellent dans les décors de fleurs et jardins, Monet pour son marchand Durand-Ruel et Caillebotte pour sa maison. Seule Mary Cassat recevra une commande publique, pour l’Exposition universelle de Chicago en 1893. Monet, dès les années 1890, travaille sur ses nénuphars jusqu’à « l’obsession » ; le lendemain de l'armistice en 1918, il fera don à la France du cycle des « Nymphéas », qui, sous  l’impulsion de Clemenceau, aboutiront au musée de l’Orangerie. (Jusqu'au 11 juillet, musee-orangerie.fr)

* Au Petit Palais, « Boldini. Les plaisirs et les jours ». Originaire de Ferrare, autodidacte, Giovanni Boldini est un portraitiste mondain. Après un passage à Florence, où il peint des scènes d’intérieurs, il s’éloigne des macchiaioli, les impressionnistes tachistes italiens. À Paris, où il vivra soixante ans, il est introduit en 1880 par la comtesse Gabrielle de Rasty dans la haute société, dont il partagera l’intimité. Ses portraits sophistiqués, aux coups de brosse fougueux pour des silhouettes serpentines, donnent une impression de grâce et de mouvement. Avec le comte Robert de Montesquiou, le marquis Boni de Castellane, la comtesse Greffulhe, ils évoquent la société parisienne, cosmopolite, frivole et décadente décrite par Proust dans « les Plaisirs et les Jours » et « À la recherche du temps perdu ». (Jusqu'au 24 juillet, petitpalais.paris.fr)

Caroline Chaine

Source : Le Quotidien du Pharmacien