Histoires de plantes

Astragale chinoise et énergie vitale

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Publié le 11/08/2020
Astragalus mongholicus

Astragalus mongholicus
Crédit photo : J. Fleurentin

L’astragale est une plante herbacée vivace originaire de Chine ou de Mongolie qui porte des feuilles composées de 12 à 18 paires de folioles, des fleurs jaunâtres en grappes axillaires et des fruits en gousse, trois éléments caractéristiques de la famille des Fabacées. Sa racine, médicinale, atteignant les 90 centimètres, est séchée après récolte.

En médecine chinoise, la racine, huang qi (jaune tonique supérieur), renforce le qi, l’énergie vitale, elle est tonique, stimulante des défenses naturelles et indiquée dans des affections hépatique et rénale.

Elle renferme des saponines triterpéniques (astragaloside, cycloastragénol), des polysaccharides (astragalane), des flavonoïdes (liquiritigénine, astragaline) et des acides phénoliques.

Les effets stimulants spécifiques et non spécifiques ont été largement démontrés : les polysaccharides stimulent in vitro la phagocytose par les macrophages et l’activité de lymphocytes humains en culture. Elle accroît le taux d’anticorps dans les sécrétions nasales, elle stimule la production d’interférons et de lymphocytes T helper (CD4) impliqués dans l’organisation de la réponse immunitaire. De plus, l’astragale restaure l’immunité chez des souris immunodéprimées par un anticancéreux (cyclophosphamide) en augmentant les cytokines IL6 et TNF-alpha.

Des études cliniques montrent une amélioration de la réponse immunitaire chez l’enfant atteint de cardiopathie. En cas d’emballement de la réponse immunitaire, l’astragale la réduit exerçant une action immunomodulatrice.

Des propriétés antivirales.

L’activité antivirale a été démontrée in vitro vis-à-vis du virus de la grippe (influenza A), de l’herpès, des cytomégalovirus (coxackiB), du virus de l’encéphalite japonaise (en prévention), de l’hépatite B et du papilloma virus. Les extraits potentialisent l’activité de l’interféron.

L’action anti-inflammatoire est aussi mise en évidence par inactivation du NFkB, une protéine impliquée dans la régulation des cytokines pro-inflammatoires. Elle est également anti-oxydante et anti-allergique.

La cicatrisation d’une dermite induite par un dérivé du dinitrobenzène est accélérée en raison d’un effet modérateur sur les cytokines.

L’astragale améliore les fonctions du rein (urée, créatinine) chez des patients diabétiques atteints d’insuffisance rénale, ce qui est montré dans une méta-analyse portant sur 25 essais cliniques.

De plus, elle protège d’une hépatite induite par le tétrachlorure de carbone, un toxique hépatique. Elle s’oppose également à l’induction d’un diabète chez le rat par la streptozotocine.

La racine améliore les fonctions cardiaques après ischémie expérimentale.

L’astragale est indiquée dans les affections virale, cardiaque et diabétique avec des fonctions immunomodulatrices. Des précautions sont à prendre chez les patients traités par immunosuppresseurs

Ne pas confondre avec la gomme adragante, gélifiante, obtenue avec la sève d’Astragalus gummifer (Ph Fr) et l’astragale réglisse, d’origine européenne (Astragalus glycyphyllos).

Un tour du monde des plantes qui soignent, Afrique, Amériques, Chine, Outremer, Europe (2018) Fleurentin J. & Weniger B., Éditions Ouest France, 239 p.www.ethnopharmacologia.org

Jacques Fleurentin
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Source : lequotidiendupharmacien.fr