Un risque d'amputation par ingestion de pamplemousse

Publié le 03/04/2009

Le jus de pamplemousse agit comme un inhibiteur enzymatique du cytochrome P450 3A4. La conséquence en est l'augmentation de la biodisponibilité de médicaments comme les benzodiazépines, la ciclosporine, les inhibiteurs de l'HMG-CoA réductase et les œstroprogestatifs. Tout cela, les professionnels de santé le savent. Mais pas cette Américaine de 42 ans, arrivée à l'hôpital en novembre dernier avec des difficultés à marcher et à respirer. Son cas clinique est décrit dans la revue médicale The Lancet par le Dr Lucinda Grande (St Peter Family Medicine, USA). La veille de son admission, la jeune femme avait effectué un voyage en voiture relativement long et avait ressenti une douleur irradiant depuis le bas du dos jusqu'au genou gauche. Le lendemain, sa jambe gauche était devenue violette. Sous contraceptif oral, la patiente avait entamé trois jours plus tôt un régime incluant un pamplemousse au petit-déjeuner. Les examens ont confirmé la présence d'un caillot sanguin à la jambe gauche, avec risque de gangrène. Les médecins ont dissous le caillot, épargnant ainsi la jambe de la patiente. Elle souffrait d'un rétrécissement chronique de la veine principale de la jambe gauche. Des tests ont mis en évidence une anomalie génétique prédisposant à la formation de caillots, mais la consommation de pamplemousse a joué un rôle non négligeable, assurent les médecins.

Quotipharm.com, 02/04/09

Source : lequotidiendupharmacien.fr