Sevrage tabagique : les substituts classiques plutôt que l’e-cigarette

Publié le 21/01/2014

Pour arrêter de fumer, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande d’utiliser les substituts nicotiniques classiques (patchs, gommes à mâcher, pastilles, spray buccal) plutôt que la e-cigarette dont l’efficacité et les risques éventuels n’ont pas été suffisamment étudiés. « En raison de l’insuffisance de données sur la preuve de leur efficacité et de leur innocuité, il n’est pas actuellement possible de recommander les cigarettes électroniques dans le sevrage tabagique ou la réduction du tabagisme », indique la HAS dans une série de recommandations. Mais dans le même temps, elle estime que son utilisation « ne doit pas être déconseillée » chez un fumeur refusant les substituts classiques dans la mesure où « les cigarettes électroniques sont supposées être moins dangereuses que le tabac ». Considérée comme un produit de consommation, l’e-cigarette échappe à la fois à la réglementation sur les médicaments et aux contrôles applicables aux produits du tabac, relève la HAS, qui préconise la mise en place d’une série d’études cliniques et observationnelles pour faire le point sur l’efficacité et l’absence de toxicité de la e-cigarette.

En attendant, la HAS recommande l’utilisation en premier recours des traitements nicotiniques de substitution (TNS) qui ont fait la preuve de leur efficacité chez les personnes désireuses d’arrêter de fumer. Ces traitements classiques permettent d’augmenter au bout de 6 mois le taux de réussite, la combinaison de plusieurs traitements (un timbre transdermique couplé à des gommes à mâcher) étant encore plus efficace. La Haute Autorité est en revanche plus réservée sur la varénicline et le bupropion, rappelant que des « effets indésirables graves » ont été observés « en relation avec le suicide et l’état dépressif » et qu’il convient de ne les prescrire qu’en second recours en attendant une « réévaluation du rapport bénéfice/risque ». Le verdict est encore plus négatif en ce qui concerne d’autres traitements non médicamenteux comme l’activité physique, acupuncture et hypnothérapie, dont le « bénéfice dans l’aide à l’arrêt du tabac n’est pas établi », mais qui « n’ont pas montré à ce jour de risque majeur ».


Source : lequotidiendupharmacien.fr