Plaquenil : des mesures pour éviter les ruptures

Par
Marie Bonte -
Publié le 25/03/2020
plaquenil

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Crédit photo : DR

Devant l’afflux massif de demandes en hydroxychloroquine dans les officines, Olivier Véran a annoncé lundi soir l’interdiction prochaine des prescriptions hors AMM en ville. Le Laboratoire Sanofi n'a pas attendu le décret qui devrait être publié demain pour annoncer qu’il scrutera toutes commandes anormales tandis que l’ANSM pourrait envisager l'interdiction d'exportation de Plaquenil aux grossistes-répartiteurs.

Il s’agit aujourd’hui de prévenir à la fois les ruptures en Plaquenil (sulfate d’hydroxychloroquine) et le mésusage. Les réactions ne se sont donc pas fait attendre face à la ruée dans les pharmacies de patients réclamant ce médicament médiatisé par des essais cliniques en cours dans la prise en charge du COVID-19. Dès lundi soir, Olivier Véran, ministre de la Santé, annonçait qu’il prendrait un décret limitant son utilisation hors AMM au cadre hospitalier et dans des conditions précises. Celui-ci devrait être publié demain au « Journal officiel».

Le Laboratoire Sanofi a de son côté indiqué qu’il procédera à un suivi attentif des commandes afin de s’assurer que l’utilisation de ce médicament est bien conforme aux indications actuellement autorisées. « Toute utilisation non conforme à l’AMM doit être signalée à votre centre régional de pharmacovigilance (CRPV), aux autorités sanitaires sur le portail de déclaration du ministère de la Santé ou au laboratoire (France-Pharmacovigilance@sanofi.com), dans le cadre de vos obligations de pharmacovigilance », rappelle Sanofi.

L’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) va plus loin. Elle suivra non seulement les évolutions des commandes et des stocks avec les laboratoires « afin de garantir la continuité des traitements pour les patients qui en ont besoin », mais elle se dit aussi prête à prendre des mesures d’interdiction d’exportation à l’encontre des grossistes-répartiteurs.

Pour l’OCP, il est totalement exclu d'effectuer des exportations dans le contexte actuel. Le grossiste-répartiteur indique avoir vu ses demandes en Nivaquine multipliées par 30 depuis fin février, un phénomène correspondant avec l’apparition du COVID-19 en Europe et la couverture médiatique des essais cliniques à base de chloroquine. Les ventes de Plaquenil qui avaient connu une évolution moins importante - elles avaient été multipliées par 15 - pendant cette période ont littéralement explosé depuis lundi, avec une hausse massive des commandes de plus 5 000 %. En temps normal, une officine commande en moyenne 3 à 5 boîtes par semaine, indique l'OCP.


Source : lequotidiendupharmacien.fr