Une ridicule bataille de chiffres

Mauvaise donne  Abonné

Publié le 27/09/2010
La bataille de chiffres à laquelle le pouvoir et les syndicats se sont livrés n’est pas qu’absurde : elle achève de délégitimer l’adoption des lois par le Parlement. Si on avait encore le respect des principes dans ce pays, on ne chercherait pas encore la majorité et la minorité dans la rue, on s’en tiendrait au suffrage universel. Même si l’évaluation du nombre de manifestants (trois millions selon les syndicats, un million selon le gouvernement) était supérieure aux calculs les plus hypertrophiés, cela ne signifierait pas que le mandat accordé à la droite peut être écourté.

À CETTE GUERRE des calculettes s’ajoute celle des sondages qui, selon qu’ils sont commandés par les médias plus à droite ou plus à gauche font apparaître soit la conviction du peuple que la réforme est inévitable soit qu’il est totalement hostile à cette réforme-là, avec la douce illusion que la gauche résoudrait le problème sans faire souffrir personne, sans allonger la durée des carrières, et se contenterait de taxer les « riches » en prélevant quelque 45 milliards par an sur la production intérieure, ce qui veut dire que la classe moyenne aussi paiera cher.

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