L’Italie en quarantaine

Par
Ariel F. Dumont -
Publié le 12/03/2020
Pour désamorcer la propagation du Covid-19 qui a déjà fait plus de 550 morts, le gouvernement a placé tout le pays sous cloche. En dépit des contraintes, les pharmaciens assurent la continuité des soins.

Depuis mardi matin, la vie a basculé pour les Italiens. Les rues sont vides, les magasins déserts et les transports publics aussi. « J’ai peur de la contamination aussi je préfère prendre ma voiture pour venir travailler » confie la pharmacienne Maria Tudini. Installée près de la Basilique Saint-Jean-de-Latran, la titulaire a réussi à trouver quelques masques chirurgicaux de type FFP2. Toute l’équipe de cette officine porte la tenue désormais réglementaire : des masques et des gants. « Ce masque est terrible, je n’arrive pas à respirer et je ne vois rien car mes lunettes de vue sont embuées ! » note Maria Tudini. Devant la pharmacie, les clients attendent d’entrer en respectant les distances de sécurité. Le climat est désolant et désolé car les gens ne se parlent plus et s’observent avec une pointe d’inquiétude.

Le décret gouvernemental ne prévoyant pas la fermeture des commerces, toutes les officines sont ouvertes. Pourtant, tous les pharmaciens n’ont pu adopter le port du masque et des gants en raison des ruptures de stock. « Nous n’en portons pas et nous n’en vendons pas car les seuls masques de type FPP1 que j’ai trouvés sur Internet à travers mes fournisseurs habituels sont hors de prix, ils coûtaient 1,70 euro la pièce la semaine dernière, maintenant ils sont vendus à 7,90 euros  ! » confie le Dr Emilia Bernocchi, titulaire de l’officine « Farmacia dei Quiriti » derrière le Vatican. La pénurie concerne aussi la fabrication de gels désinfectants pour les mains. « On ne trouve plus rien, certaines officines suivent les indications de l’OMS et préparent des désinfectants hydroalcooliques mais toutes les pharmacies ne sont pas équipées », ajoute le Dr Bernocchi.

Comme bon nombre de ses confrères, elle déplore aussi le manque de directives du gouvernement sur le port du masque chirurgical que les pharmaciens italiens doivent endosser et sur les heures d’ouverture. Tout comme sur le comportement à adopter face à la clientèle et les informations à fournir à la population.

Ariel F. Dumont

Source : Le Quotidien du Pharmacien: 3586