Masques

L'imagination au pouvoir

Par
Didier Doukhan -
Publié le 07/04/2020
masque

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En France, c'est bien connu, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées…

Le système D, la débrouille, le truc pour s'en sortir… sont autant de moyens utilisés par nos concitoyens pour se tirer d'une mauvaise passe. Et en ces temps de confinement, la mauvaise passe (entre autres détails), c'est l'approvisionnement en masques… notamment pour les soignants. Pour y pallier, mille solutions éclosent. Du patron de couturière à la récupération de blouse à usage unique, en passant par le recours à l'imprimante 3D, tous les moyens semblent bons pour remédier au manque. Les tutos plus ou moins farfelus circulent ainsi sur le Net. Sur le compte @Doliqueen de Julie, docteure en pharmacie à Limoges, une longue suite pédagogique fédère différents tutoriels pour guider la confection de plusieurs modèles : le masque ninja, le masque canard, et même un masque zéro couture, uniquement avec de la colle textile, le « Canarcollé » destiné aux plus maladroits. D'autres initiatives, plus technologiques, mais aussi plus sérieuses, visent à inventer le masque réutilisable. Ainsi, la start-up israélienne Sonovia a mis au point un masque lavable plusieurs centaines de fois, dont le tissu est chargé d'une substance antimicrobienne (nanoparticules de zinc), semble-t-il efficace pour barrer la route au SARS-Cov-2.

Mais incontestablement la plus étonnante des trouvailles en ces temps de pénurie est le recyclage réussi du masque de plongée Décathlon Easybreath. L'accessoire de plage au look futuriste a été retiré il y a une semaine de la vente en France pour les réserver aux soignants et aux malades. L'idée de leur utilisation médicale est née en Italie. Après que 500 exemplaires ont été offerts par la marque à un hôpital de Bergame, un prototype adapté aux appareils de respiration assistée a été développé. En Belgique, c'est une autre adaptation de l'accessoire qui a permis de pallier la pénurie de masques de protection pour les soignants eux-mêmes.

Des masques en tissus fleuris, en papier collé ou détournés des sports nautiques, si le sujet n'était pas grave, il ferait sourire. Allez, profitons que nos bouches sont masquées pour laisser un peu aller nos zygomatiques. Personne ne le saura.

Didier Doukhan

Source : Le Quotidien du Pharmacien: 3593