Perplexités de gauche

L’effet Mélenchon

Publié le 02/04/2012
À ceux qui l’accusent d’affaiblir la candidature de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon répond qu’il s’attend à le dépasser au premier tour. C’est l’argument de François Bayrou, c’est celui de Marine Le Pen, qui feignent de croire qu’ils vont éliminer Nicolas Sarkozy au premier tour. Il n’est pas convaincant. M. Mélenchon peut progresser encore, il ne disqualifiera pas M. Hollande.

LE PHÉNOMÈNE de cette campagne dépasse, et de loin, la personne du candidat du Front de gauche. Il traduit la révolte d’un électorat qui veut du passé faire table rase et nourrit ses émotions avec un argumentaire fallacieux. Les protestataires vont d’Arthaud et Poutou à Mélenchon et Le Pen, en passant par Eva Joly et Dupont-Aignan. Ils se considèrent, pour la plupart, comme les victimes de la crise. Ils estiment qu’ils n’ont rien à perdre à opter pour des idées dangereuses parce que le changement ne sera pas pire que les tourments dans lesquels les Français sont plongés actuellement.

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