Le vaccin Gardasil visé par une plainte

Par
Didier Doukhan -
Publié le 25/11/2013

Une jeune femme âgée de 18 ans a déposé plainte vendredi dernier auprès du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), dont dépend le siège de Sanofi, pour « atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine ». Marie-Océane, vaccinée au Gardasil dans sa quinzième année avait déclaré, deux mois après la seconde injection du vaccin, les premiers signes d’une sclérose en plaques. Sa plainte vise le laboratoire, mais aussi l’Agence nationale du médicament (ANSM), au motif qu’il y a eu, selon son avocat, « violation d’une obligation manifeste de sécurité et méconnaissance des principes de précaution et prévention ». Le dossier de Marie-Océane s’appuie sur une double expertise commandée par la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CRCI) d’Aquitaine qui, selon Me Coubris, a conclu « au lien d’imputabilité entre le vaccin et la pathologie de Marie-Océane ». Pour le laboratoire, qui regrette le discrédit ainsi jeté sur le vaccin, cette conclusion s’appuie « uniquement sur la constatation d’une coïncidence temporelle entre la survenue et les symptômes de la maladie et de la vaccination », sans prouver le lien de causalité.

Une causalité qui ne pourrait exister que « si la maladie (N.D.L.R., la sclérose en plaques) était plus fréquente chez un groupe de jeunes filles vaccinées que sur un groupe de jeunes filles non vaccinées », a déclaré André Dahlab, directeur adjoint des affaires médicales chez Sanofi Pasteur MSD. De son côté, confirme Daniel Floret, président du comité technique des vaccinations, « ni les données internationales, ni la pharmacovigilance internationale ne montrent de lien entre ce vaccin et une quelconque maladie auto-immune, dont la sclérose en plaques ». « Le fait qu’il y ait une plainte ne prouve pas qu’il y ait problème », a-t-il ajouté. Gardasil, vaccin contre le cancer du col de l’utérus, a déjà été administré à quelque 2,3 millions d’adolescentes françaises ainsi traitées préventivement contre ce cancer touchant près de 3 000 personnes chaque année.


Source : lequotidiendupharmacien.fr