HUMEUR

Le rivage des Syrtes

Publié le 31/03/2011

Moi, Ahmad Ahmad, ancien comptable de Benghazi reconverti dans la guerilla, je roule à tombeau ouvert sur la mince ligne de bitume qui, du Nord au Sud, sépare le sable de l’eau et, d’Est en Ouest, sépare la vie de la mort. Je cherche mon ennemi jusqu’à ce point ultime où tombe sur mon véhicule une pluie de feu et de fer qui me force à rebrousser chemin. Je ne vois jamais Kadhafi ni même ses sbires. Je fais des allers-retours à couper le souffle entre Ras Lanouf et un lieu à l’est de Syrte où m’attend l’artillerie du despote. Je me bats contre le vent de sable, la crasse, la soif.

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