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La tragi-comédie de l’âge

Publié le 25/05/2010
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Dans « Alice au pays des trop vieilles » (1), Cristina Alonso raconte avec drôlerie ses états d’âme après que son patron la met au placard parce qu’il la trouve « trop vieille ». Dans « Soliloque d’un vioque » (2), Claude Perrin, professeur émérite en médecine, décortique avec un humour parfois féroce la situation des vieux dans la société actuelle.

JOURNALISTE comme Cristina Alonso (elle a créé « Elle à Paris »), Alice, au mitan de la quarantaine et alors qu’elle envisage d’avoir un troisième enfant – la fille et le garçon ont 16 et 13 ans – se fait donc mettre au rebut six mois seulement après que son patron lui a confié un « grand projet », au bénéfice d’une fille plus « jeune et dans le coup ». Effarement, indignation, colère, humiliation, désespoir... Arrêt maladie, réflexion et, grande décision : Alice décide de ne plus mentir sur son âge ! Un premier pas vers la guérison, qui ne veut pas dire démission.

Beaucoup se reconnaîtront dans ce journal de la « quarantaine fracassante », pertinent et insolent, qui est assorti de maintes recommandations à l’usage des femmes (de conditions sociale et affective privilégiées !) qui ne sont pas vieilles et émettent quelques réserves sur l’idée de le devenir.

Vioque, et alors ?

Jeunes, vieux, comment se perçoivent-ils les uns les autres aujourd’hui ? C’est cette question qu’évoque Claude Perrin dans un court essai qui s’adresse donc autant aux premiers qu’aux seconds. Il est parti du constat que jamais l’écart entre générations n’a paru plus grand qu’à l’époque actuelle, conséquence des nouvelles technologies, estime-t-il, mais aussi et avant, de la libération des mœurs, de la démission des parents, parents-copains, liée en partie aux activités professionnelles de la mère.

L’auteur détaille les éléments d’incompréhension mutuelle entre vieux et jeunes mais son soliloque, s’il est très lucide, n’est jamais amer.

À noter que l’essai est agrémenté de petites digressions poétiques, et complété de deux textes de conférences prononcées à l’académie de Stanislas : Qu’est-ce que l’honneur aujourd’hui ? Quel avenir pour notre langue ?

(1) Albin Michel, 220 p., 16 euros.

(2) Édition à compte d’auteur :

Claude Perrin, 22, rue Saint-Nicolas, 54000 Nancy.

› MARTINE FRENEUIL

Source : Le Quotidien du Pharmacien: 2752